DES HUMSUBS DE L'ŒIL
de Mâgendie, rôpélées depuis par d'autres physiologistes, sur les ulcérations spontanées de l'œil qui se produisent chez les animaux soumis à une diète prolongée, ou, ce qui revient presque au môme, nourris avec une seule espèce d'aliment. Une résorption énergique fait disparaître les humeurs de l'œil et le tissu même de la cornée qui s'ulcère et se perfore. Chez l'homme, l'abus de la diète, les privations, un régime débilitant produisent un effet analogue, quoique les conséquences n'en soient pas portées aussi loin ; mais on sait que l'acte de résorption est assez puissant dans l'œil , pour qu'on voie disparaître quelquefois des épanchements morbides des chambres oculaires avec une grande rapidité , sous l'influence des purgatifs. Après l'administration des drastiques, il survient fréquemment un trouble de la vue et un affaissement de la cornée qui n'a plus le brillant que lui donne son état habituel de tension. C'est le cas de rappeler que l'affaissement de la cornée et son dessèchement par suite de la disparition de l'humeur aqueuse , ont été souvent observés dans le choléra asiatique , après les évacuations abondantes qui en marquaient le début. Le môme effet parait suivre quelquefois l'usage trop prolongé des frictions mercurielles belladonées, administrées pour combattre des iritis ou d'autres phlegmasies oculaires. J'ai du moins remarqué cette coïncidence dans plusieurs cas où l'on avait longuement insisté sur ce moyen thérapeutique, et dans lesquels l'œil était tombé dans une sorte de torpeur et d'atonie.
Quelle que soit, au reste , l'origine de cette disposition, on comprend combien, lorsqu'elle existe, les lésions de l'œil suivies d'issue de l'humeur aqueuse , exposent à la non régénération de celte humeur. Ayant eu l'occasion de pratiquer l'abaissement de la cataracte chez quelques malades qui se trouvaient dans ce cas , j'ai pu vérifier les effets de leur disposition morbide , et me livrer à l'élude attentive des caractères de rinsuffisance'de l'humeur aqueuse qui a suivi l'opération. Ce sont même des faits de cette nature qui ont les premiers fixé mon attention sur le sujet que j'expose.
L'opération de la cataracte par abaissement peut donc, comme celle par extraction , comme les lésions de la cornée déjà signalées , être suivie d'un trouble sensible dans la sécrétion de l'humeur aqueuse. La cause
Golgle
de cette perturbation est évidente, et les conséquences peuvent en être diverses. Le déplacement du cristallin dans les cas d'abaissement ou de réclinaison, ne s'accomplit pas sans que le rapport des chambres de Toeil soit modifié : une partie de l'humeur aqueuse s'écoule par la piqûre faite à la sclérotique. Ce liquide est mis en contact avec le corps vitré, l'iris est plus ou moins ébranlé, la partie de la membrane de Demours qui le recouvre soufTre en proportion , et quelle que soit la régularité du manuel opératoire, il y a une modification profonde dans Tétat de rœil. Si l'opération est faite par broiement, la lésion n'est pas moindre : l'aiguille séjourne plus longtemps dans l'œil , l'action exercée sur l'iris ou sur la membrane de l'humeur aqueuse est encore plus sensible , et elle dépend non-seulement de la déchirure d'organes en rapport de contiguïté avec les éléments de l'œil , mais encore le passage des fragments du cristallin dans la chambre antérieure devient une nouvelle cause de perturbation, d'autant plus susceptible de réagir sur la sécrétion de l'humeur aqueuse , que ce liquide intervient comme agent dissolvant des fragments du cristallin. Dans des cas de ce genre , tantôt il survient une inflamma* tion plus ou moins intense , sous l'influence de laquelle s'accroît la sécrétion de l'humeur aqueuse , tantôt un état opposé se manifeste. Le premier cas est le plus commun. On a cité des exemples d'une telle accumulation d'humeur aqueuse dans la chambre oculaire , que la rupture de la cornée était devenue inévitable. Mais , dans d'autres cas, le trouble apporté dans les fonctions de la membrane de l'humeur aqueuse se traduit d'une manière opposée, c'est-à-dire par un défaut d'exhalation du liquide. Ce résultat peut surtout avoir lieu lorsque les malades soumis à l'opération présentent la disposition morbide qui a été signalée. J'ai observé deux faits de ce genre qu'on me permettra de citer avec quelques détails.
Deuxième Observation.
CataracU capsuUhUnticuUùre adhérenie à Vins; abaiàiemenî ; imuffiionce de l'humeur aqueuse avec oicUlalion de l'iris. Guérison complète après le rétablissement de la sécrétion de cette humeur.
Joseph Pons, âgé de 39 ans, natif de Seilles, arrondissement de Lodève, est entré à l'hôpital Saint-Éloi de Montpellier au commencement du