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DES DIAPHYSES OSSEUSES.
L'histoire générale des fractures a longtemps réclamé Téclaircissement de certaines questions , que la pénurie des faits bien observés laissait dans le domaine de la croyance individuelle , et que les chirurgiens se contentaient de résoudre par l'affirmative ou la négative, et d'après des motifs au moins superficiels. L'existence des enfoncements sans fracture , celle des fractures incomplètes et des fractures longitudinales des diaphyses , sont tout autant de points qui attendaient une solution précise , et qui n'ont dû leur introduction dans la science positive, qu'aux études cliniques et anatomico-pathologiques modernes.
Notre intention est de n'examiner en ce moment que ce qui concerne les fractures longitudinales. Leur existence a été particulièrement controversée. L'opinion générale , dans le dernier siècle et au commencement de celui-ci, les rejetait comme impossibles. Il a fallu l'évidence qui s'attache à l'observation des pièces analomiques , pour modifier, à cet égard, les croyances reçues. Mais on peut dire que , si la question a été résolue eu égard à la possibilité de ce genre de fracture , elle laisse encore beaucoup à désirer, soit par rapport au nombre des faits eux-mêmes, soit
surtout par rapport à Tétiologie et au mécanisme de ces lésions. M. Malgaigne, dans son savant Traité des Fractures et des Luxations ^ après avoir succinctement analysé les observations relatives aux fractures en long , reconnaît ouvertement combien les descriptions laissent à désirer, et exprime le regret que les chirurgiens n'aient pas laissé des observations plus complètes. C'est ce qui nous a décidé à réunir aux données déjà introduites dans la science, de nouveaux faits cliniques et des recherches expérimentales spécialement destinées à rendre compte du mode de production de ces fractures. Signalons d'abord leurs caractères distinctifs et leurs principales variétés.
Nous réservons le nom de fractures longitudinales , aux solutions de continuité des diaphyses assez profondes pour atteindre toute leur épaisseur, ou pour pénétrer dans le canal médullaire , et qui sont parallèles , dans une étendue plus ou moins considérable , à l'axe de l'os.
Cette dernière circonstance les distingue des fractures en bec de flûte, avec lesquelles on les a quelquefois confondues, et qui ont fourni texte à certains chirurgiens , à Sanson *, entre autres, pour nier leur existence , sous le prétexte que les fractures dites longitudinales ne sont que des fractures très-obliques.
Lorsque les fractures longitudinales sont superficielles et disposées de telle sorte qu'il n'y a point de parcelle osseuse détachée, ou de fragment proprement dit , elles méritent simplement le nom de fêlures ou de fissures. Ces variétés des solutions de continuité des os des membres sont plus fréquentes que les fractures en long à fragments séparés; M. Cruvei- Ihier ' n'admet qu'elles seules. Aussi préfère-t-il , pour les désigner, le nom à^ éclat à celui de fracture longitudinale, oc Dans ces sortes de lésions, dit-il , c'est un os qui éclate longitudinalement , ce n'est pas un os qui se fracture, jû Les détails ultérieurs de notre Mémoire prouveront que le teirae proposé par M. Cruveilhier ne suflit pas pour tous les cas.
Les fractures longitudinales peuvent être complètes ou incomplètes ,
< DietUmnairt de médecine et de ehirur§ie pratiques; arl. Fracturée. 3 Traité d^amtomie pathohfique générale: tom. I, pag. 92. Paris, 1849.
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suivant que le fragment est entièrement détaché du reste de Tos, ou qu'il reste plus ou moins adhérent par une de ses extrémités.
Certaines fractures longitudinales sont simples , c'est-à-dire formées de deux moitiés parallèles , ordinairement de grandeur inégale. D'autres fois elles sont compliquées d'esquilles ou de fractures transversales ou obliques; elles coexistent aussi avec des écrasements partiels de l'os, ce qui tient à la violence ordinaire des causes qui les produisent.
Ces fractures sont tantôt dentelées sur leurs bords, tantôt d'un^ cassure nette et régulière. La direction longitudinale n'appartient pas constamment à toute leur étendue ; vers l'extrémité des fragments, la direction de la fracture dévie plus ou moins de Taxe de l'os et prend un sens oblique.