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quel, parrignorancelaplusgrossièrequi puisse être en matière dliisloire, et dont Calvin seul pouvait être capable, il fait présider saint Athanasc, qui n'était encore alors que simple diacre (i), accompagnant à ce concile Alexandre, son patriarche.
Voilà quelle était l'ignorance de ce chef de nos protcstans dans Ihistoire ecclésiastique. Je ne ni'en étonne pas : ce n'était pas là son étude. Mais ce qui m'épouvante, c'est qu'il y ait des gens d'esprit et de savoir qui le suivent aveuglément, dans tout ce que, suivant son défaut de connaissance de l'antiquité, il rejette dans le système de son hérésie les choses les plus manifestement autorisées par la tradition et par l'histoire qui en est la dépositaire, même en remontant jusqu'aux premiers siècles de l'église, où ils sont contraints d'a> ouer qu'elle était dans toute sa pureté.
Les preuves en sont très-évidentes dans l'histoire des pères et des conciles, où l'on trouve qu'à la réserve de quelques superstitions des esprits faibles, que nous condamnons, l'ancienne Église croyait , et faisait ce que les catholiques croient et pratiquent touchant l'eucharistie, le
(2) Athanasiiis, apolog.
sacrifice de lamessc, Tadorationde Thoslic, les sept sacremens , l'accord delà grâce et du libre arbitre, Vauîorité de la tradition, Tinvocation des saints, les temples dédiés et consacrés à Dieu en leur mémoire , la vénération de leurs reliques et de leurs images, la prière pour les morts , les Jeûnes du carême et des quatretemps , la distinction des fêtes et des jours ordinaires, celle des liabits des laïques et des ecclésiastiques, le célibat de ceux-ci, les vœux, les cérémonies sacrées dans l'administration et l'usage des sacremens,, et dans le service divin, ce service en langue grecque dans tout l'Orient, et en langue latine dans tout l'Occident, quoique, dans la plupart des provinces, celle-ci principalement ne fut entendue que des savans ; enfin touchant ce qui nous distingue des proteslans et surtout des calvinistes.
C'est ce que le célèbre cardinal Du Perron a montré par des témoins irréprochables dans sa réplique au roi de la Grande-Bretagne , où il fait voir la conformité de l'ancienne église catholique avec la nôtre, au chapitre dix-huitième du livre premier, et dans tout le troisième, le quatrième, le cinquième et le sixième livre de ce savant ouvrage. C'est aussi à quoi David Blondel , incomparablement plus habile
^ 58 — homme que Calvin, surtout dans la connaissance (le l'antiquité, n'a pas jugé à propos de répondre dans cet énorme volume qu'il a fait contre la réplique ; il a trouvé bon de ne commencer sa prétendue réfutation que par le chapitre vingt-troisième du livre premier, et de la finir par le chapitre trente-quatrième du même livre.
Mais, laissant là les protestans, contre lesquels je ne prétends pas disputer, il me suffit d'avoir fait voir jusqu'ici, sans dispute, et par la seule antiquité, la primauté de saint Pierre et des papes ses successeurs dans la chaire de Ptome, les prérogatives et les droits qui sont inséparables de la primauté, ce dont les catholiques demeurent d accord. Cependant on sait assez aujourd hui qu'ils ne conviennent pas entre eux de certaines autres prérogatives que quelques-uns lui attribuent, et que d'autres ne veulent pas lui accorder; et principalement ces quatre, qui sont : Tinfaillibilité , la supériorité sur le concile uniçersel , le pouvoir absolu de gouverner l'Eglise , indépendamment des canons et la puissance , soit directe , soit indirecte sur le tempo? el des rois. C'est pourquoi il faut maintenant que, sans me délourncr de mon principe, tiré de la seule antiquité, je
montre sans dispute, sans raisonner, et en exposantsimplement le sentiment des conciles, des Pères et même des papes, ce que la vénérable antiquité a toujours cru de ces quatre articles.
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CHAPITPiE VI.
État de la question touchant l'infaillibilité du pape.
Il ne s'agit pas ici de savoir si le pape, comme docteur particulier, et proposant simplement son avis et son sentiment sur un point de doctrine touchant la foi et les mœurs, peut se tromper : car, on n'a jamais douté qu'en celte qualité il ne parle que comme un autre homme, et conséquemment, que par le faible et le défaut commun à tous les hommes, il ne soit sujet à l'erreur, selon cette parole du psalmiste, omnis homo mendax.
Il n'est pas aussi question d'examiner s'il est infaillible, quand il prononce sur la chaire de l'Eglise universelle, conjointement avec les membres qui lui sont soumis comme à leur chef, soit à la tête d'un concile général, y présidant par lui-même ou par ses légats, soit du consentement de la plus grande partie des égli-
— 6o — SCS et des évêques catholiques. Car, comme nous sayons tous que J.-C. a donné à son Eglise , le don d infaillibilité , pour décider souverainement, par la parole de Dieu, sur les différends qui peuvent naître entre les catholiques sur certains point de doctrine : nous confessons aussi que quand le pape parle, et qu'il définit en cette manière, selon laquelle il peut dire : visum est spiritui sancto et nohis , ses paroles et ses décisions sont des oracles , et qu'il ne peut nullement se tromper. Il n'y a aucun différend ^ sur cela, entre les catholiques.
La question qu'on peut donc agiter, c'est de savoir, si quand il parle sur la chaire de Pierre en maître et en docteur, de tous les fidèles, ayant bien examiné ce dont il s'agit dans plusieurs congrégations, dans son consistoire, son conseil ou son synode, composé de ses suffragans, de ses cardinaux et de ses docteurs; après avoir même consulté des universités, etdcmandé par des prières publi(|ues et très-solcmnelles l'assistance du Saint-Esprit, il enseigne tous les chrétiens, définit, propose à toute l'église, par une bulle ou constitution , ce qu'on doit croire et pratiquer; si, dis-je, en prononçant de la sorte, il est infaillible ou non, etsison jugement porté et déclaré de celte manière, peut cire réformé
— Gi — par un concile universel. Voilà, ce me semble, tout ce qui peut se dire de plus clair et de plus formel sur l'état de cette fameuse question.
C'est sur cela même que tous les docteurs catholiques ne sont pas d'accord; la plupart des docteurs d'au-delà les monts, surtout les savans cardinaux Cajetan, Baronius et Bellarmin , et tous les auteurs qui les ont suivi, veulent que le pape en ce cas, lorsqu'il déclare solemnellement par -ses constitutions à tous les fidèles , ce qu'on doit croire sur quelque sujet contesté, ne puisse nullement se tromper.
D'un autre coté, la plupart des docteurs de leur temps, comme Gcrson, Major, Almaûs, la faculté de théologie de Paris , si souvent et si hautement louée par les papes, et toute la France, de 1 aveu même des docteurs Navarre, Victoria et Jean Galaïa, espagnols; Denis-le- Chartreux, l'évêque d'Avila , Tostat dans ses commentaires sur saint Mathieu, et dans la seconde partie de son dcfensoj'ium^ Thomas Illyricus, cordelier, dans son bouclier contre Luther, qu'il dédie au pape Adrien VI, les cardinaux de Gusa, de Gambray et de Florence, les évêqucs de France, dans leur assemblée, représentant l'église gallicane. AEnéas-Sylvius, avant qu'il fut pape, le pape Adrien VI, lorsqu'il
était professeur à Louvain, dans ses commentaires sur le quatrième livre des sentences, qu'il fit réimprimer à Rome, quand il fut pape, sans y rien changer, et mille autres docteurs trèscatholiques, des universités de France, d'Allemagne, de Pologne et des Pays-Bas, qui tous ont fort bien défendu la primauté du pape; tous ceux-là, dis-je, soutiennent qu'il n'est point infaillible, s il ne prononce, ou dans un concile général, ou avec le consentement de toute l'Eglise.
Voilà un fait qu'on ne peut révoquer en doute, le partage des sentimens sur ce sujet entre les catholiques. Mais lequel de ces deux partis vaut-il mieux prendre, dans cette contestation, comme le plus raisonnable et le mieux fondé? C'est ce que je ne dois pas décider, selon le dessein que j'ai pris , et le plan que je me suis tracé dans cet ouvrage, jexposerai donc simplement ce que l'on a cru sur cela dans l'antiquité, et je le ferai sans toucher à la question de droit, et en rapportant seulement et fort fidèlement, des faits incontestables qui font voir qu'elle était la croyance de l'ancienne Église, sur ce point-là.
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