‹ Tristan CorbièreChapitre 5 sur 20 · PARIS DIURNE · texte numérisé non relu

PARIS DIURNE

Vois aux cieux le grand rond de cuivre rouge luire, Immense casserole où le bon Dieu fait cuire La manne, l'arlequin, l'éternel plat du jour : C'est trempé de sueur et c'est trempé d'amour.

Les laridons en cercle attendent près du four, On entend vaguement la chair rance bruire, Et les soiffards aussi sont là, tendant leur buire, Le marmitteux grelotte en attendant son tour.

Crois-tu que le soleil frit donc pour tout le monde Ces gras graillons grouillants qu'un torrent d'or inonde ? Non le bouillon de chien tombe sur nous du ciel.

Eux sont sous le rayon et nous sous la gouttière. A nous le pot au noir qui froidit sans lumière. Notre substance à nous, c'est notre poche à fiel.

Les cinq pièces suivantes ont été copiées sur un brouillon de Tristan Corbière. Les variantes m'ont paru assez importantes pour nécessiter la publication de ces ébauches.

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