‹ Tristan et IsoldeChapitre 11 sur 65 · ACTE PREMIER I · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER I

Sa vie

De la vengeance des ennemis;

Et le secret gardé,

Avec moi

Il le livra;

En victorieux,

Guéri,

Au grand jour

Il me montra :

« Elle est un trésor,

« Mon seigneur, mon oncle;

(I Vous plaît-elle comme reine?

« J'irai chercher

oLa belle enfant;

« Oh! j'en connais

« Bien les moyens;

« Un mot, je vole

« En Irlande;

« Isolde, elle est à vous :

<i C'est bien un beau projet ! »

Sois maudit, infâme 1

Maudit soit ton front!

Vengeance, mort!

Mort pour nous deux!

Brangaine

(se précipitant sur Isolde avec une impétueuse tendresse.)

O douce, tendre!

Chère reine!

Ma maîtresse!

Chère Isolde!

Entends! Viens là!

Mets-toi là!

CElle attire peu à peu Isolde vers le lit de repos.)

Quelle erreur

Et vaine colère ?

Comment peux-tu t'abuser

Pour ne rien y comprendre?

Et ce que Tristan

Te devait,

Dis, put-il le payer mieux

Qu'avec la plus splendide couronne?

Tristan servit

Ainsi son oncle,

En te donnant

Le plus beau des présents:

Car il déposa,

Fier et noble,

A tes pieds son héritage

Et te salua comme reine.

'^Isolde se détournant, continue avec plus d'intimité.)

S'il t'offrit Marke

Pour époux.

Tu ne saurais blâmer ce choix ;

N'est-il pas bon pour toi?

De très noble race

Et courageux.

Qui serait son égal.

En force, en éclat?

Lui, qu'un fier héros

Sert fidèlement.

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