‹ Tristan et IsoldeChapitre 12 sur 65 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Qui ne partagerait un tel bonheur

Et qui ne vivrait comme époux auprès de lui?

ISOLDE (regardant fixement devant elle.)

Sans être aimée

Du noble héros,

Le voir si près de moi,

Comment souffrir ce supplice!

Brangaine

Quoi, malheureuse?

Sans amour?

[Elle se rapproche encore d'Isolde en la flattant et en la caressant.)

Où vivrait un homme

Qui ne t'aimerait pas?

Qui, voyant Isolde,

Ne serait heureux

En Isolde de s'anéantir?

D'ailleurs, ton élu,

Fût-il sans feu,

Un charme

Le tînt-il au loin,

Le méchant serait

Bientôt enchaîné par moi;

Car il céderait à l'amour.

(Avec une familiarité mystérieuse, tout près d'Isolde.)

De ta mère Ignores-tu les arts?

Crois-tu que celle Qui pesait tout.

Sans conseil m'aurait envoyée Avec toi si loin?

ISOLDE (.sombre.)

Je me souviens

De son conseil;

Qu'ils soient bienvenus

Pour moi ses arts :

Vengeons la trahison,

Paix au cœur dans la détresse!

Apporte ce coffret.

Braxgaine Il contient ton salut.

(Elle prend un petit coffret en or, l'ouvre et en montre le contenu.)

Ta mère les classa,

Tous ces puissants breuvages.

Voici le baume

Pour les douleurs;

Pour les poisons

Le contrepoison;

Le plus merveilleux breuvage

Le voici.

IsOLDE

Erreur, je le connais mieux;

Car j'y taillai

Un signe profond :

C'est lui qui me convient.

(Elle prend un flacon et le montre.)

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