‹ Tristan et IsoldeChapitre 20 sur 65 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Tristan ^sombre.

Ton silence

M'ordonne de me taire :

Si je comprends ce qu'elle tut,

Je cache ce qu'elle n'a pas compris.

ISOLDE

Par ton silence Tu te dérobes.

Refuses-tu de nous réconcilier ?

(Nouveaux cris des matelots. Sur un signe d'impa^ence d'I^o'^e, Brangaine lui tend la coupe remplie.)

ISOLDE

(s'avançant avec la coupe vers Tristan c)ui la regarde, les yeux fixés sur les siens.)

Entends-tu ces cris?

Nous sommes au but :

Dans un instant

Nous serons (.avec une légère ironie)

près du roi Marke !

Si tu me conduis, Ne veux-tu pas Lui parler ainsi?

« Mon oncle et seigneur, « Il faut la voir !

« On ne trouve pas (1 De femme plus douce.

« J'ai tué jadis 0 Morold, son fiancé, (' Et j'ai renvoyé sa tête;

<* Elle a guéri « La blessure « Que me fit son épée ; « Ma vie était « A sa merci ; a La trop bonne fille «M'en fit présent; « Et par surcroît « Elle a donné « La honte de son pays, « Ceci, pour t'épouser.

« Je dois au doux « Breuvage de paix « La récompense '' De ces bienfaits:

« Sa bienveillance me l'offrit « Pour expier mes dettes. »

Appel des matelots.

(du dehors)

Aux amarres !

L'ancre en haut!

Tristan (se levant brusqaemem et emponé.)

L'ancre en haut!

La barre au courant!

Les voiles et mâts aux vents!

(Il arrache violemment la coupe des mains d'Isolde.)

Je connais bien la reine D'Irlande Et ses arts Miraculeux :

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