‹ Tristan et IsoldeChapitre 27 sur 65 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ISOLDE ^écoutant.)

Tes craintes et peurs Te font tromper; Ce qui t'égare, est le faible Bruit du feuillage, là, Que le vent fait s'agiter.

Brangaine

Ce qui te trompe,

Est ton désir

D'écouter ce que tu veux.

(Elle écoute.)

J'entends là le son des cors!

ISOLDE (écoutant de nouveau.^

Le son des cors

Est moins doux;

Mais oui, c'est

La vague de la source

Qui murmure près d'ici;

Si les cors sonnaient,

Je ne l'entendrais pas.

La source seule me sourit

Dans la nuit :

Veux-tu laisser loin de moi

Qui m'attend

Dans la nuit silencieuse.

Comme si les cors sonnaient là?

Brangaixe

Toi qui l'attends,

Entends ceci!

On vous surveille la nuit;

Parce qu'aveugles,

Crois-tu que tout le monde

Le soit comme vous?

Quand à bord du vaisseau

Le roi Marke reçut

De Tristan

La pâle fiancée

Dont les pieds chancelaient,

Quand, déconcertés,

Tous la regardaient

Et, quand le roi.

Si doux et si bon,

Plaignit devant nous

Tout haut les fatigues du trajet.

Je vis quelqu'un alors

Qui fixa seulement

Son regard sur Tristan;

Avec un regard

Perfide alors,

Il voulait découvrir

Ce qui lui servirait.

Je le vois souvent

Vous guetter :

Il complote en secret;

Méfiez-vous de Mélot!

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