‹ Tristan et IsoldeChapitre 28 sur 65 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ISOLDE

Est-ce de Mélot?

Oh! tu fais erreur !

C'est le meilleur

Ami de Tristan!

Quand Tristan doit me fuir,

Eh bien! c'est chez Mélot qu'il va!

Brangaine

Ma suspicion Vaut ta tendresse; De Tristan à Marke Se tint Mélot; Il y sema le mal.

Ceux qui, si vite, Ont décidé

De chasser cette nuit, Ils veulent pourchasser Une proie plus noble Que tu ne le crois.

ISOLDE

C'est par pitié

Pour son noble ami

Que Mélot

Fut si rusé.

Pourquoi veîix-tu l'en blâmer?

Il m'est plus dévoué

Que tu ne l'es;

Il ouvre

Ce que tu clos :

Épargne-moi la pénible attente !

Le signe, Brangaine;

Oh! le signe!

Il faut éteindre

Cette lueur!

Fais signe à la nuit

De tomber tout à fait!

Son silence s'est répandu

Sur nos bois et maisons ;

Elle remplit le cœur

D'un délicieux émoi :

Éteins la lueur là-bas !

Éteins la lueur qui fait fuir!

Oh ! laisse entrer mon Tristan 1

Brangaine

Que la lueur qui prévient

Puisse annoncer le danger!

Douleur, oh!

Reine! ô malheur!

Breuvage fatal!

Infidèle

Un jour,

J'ai pu trahir son désir!

Eussè-je obéi.

Ton œuvre, à toi,

C'était la mort;

Mais ton affront,

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