‹ Tristan et IsoldeChapitre 29 sur 65 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Ta détresse, C'est mon œuvre; Dois-je en être coupable!

ISOLDE

Ton œuvre ?

Fille insensée !

Tu ne connais pas dame Amour,

La puissance de ses miracles?

Souveraine

Au cœur vaillant

Qui dispose

De l'univers,

La vie et la mort

Lui sont soumises!

Elle les tisse de peines et de plaisirs,

En changeant la haine en amour.

J'ai pris en main

L'œuvre de la triste mort.

L'amour

L'a dérobée à mon pouvoir,

L'a prise en otage,

Vouée à la mort.

Et saisit dans sa main

Son œuvre !

Quelle que soit sa route,

Quelle que soit sa fin.

Quel que soit son sort,

Où qu'elle mène,

Je suis sa vassale :

Laisse-moi donc me montrer soumise!

Brangaine

Et si le breuvage d'amour

Éteignait en toi

La flamme de la raison ;

Si tu savais voir

Quand je le préviens;

Écoute alors,

Écou'e ceci:

La lueur luit au danger ;

Aujourd'hui n'éteins pas ! Ce jour

N'éteins pas, là, le flambeau !

IsOLDE

(se précipitant vers la torche et la saisissant.)

Celle qui dans moi Maintient l'ardeur, Celle qui fait Brûler mon cœur, Et qui me sourit Comme au jour dernier, La dame Amour veut Qu'il fasse nuit.

Afin que la torche luise,

(Elle s'approche rapidement de la torche.')

Où ta lueur l'effrayait !

(^Elle a enlevé la torche de la porte.)

Au poste, toi!

Et veilles-y !

La torche,

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