ACTE II
Si longue à se mourir!
La nuit vient,
Le jour s'enfuit
Sans étouffer
Sa jalousie:
Il allume
Sa torche qui nous menace,
Et l'attache à sa demeure
Afin que je n'entre pas là !
ISOLDE
Mais sa main Étouffa le flambeau!
Fille j'ai résisté :
Je n'ai plus peur.
Dominée par l'amour, J'ai défié le jour.
Tristan
Au jour! Au jour!
Au perfide jour,
Au dur ennemi,
Plainte et haine!
Comme toi la torche,
Puissé-je étouffer
Le flambeau du jour insolent.
Vengeant les peines d'amour!
Fût-il chagrin,
Fût-il tourment
Qu'il n'éveilla
Par sa lueur?
Même dans la splen deur De la nuit,
Elle le tient au foyer, Le montre en menaçant.
IsOLDE
Le garda-t-elle
A son foyer.
C'est dans son cœur,
Fier, que le garde
Qui fut jadis mon aimé,
Tristan qui me trompa !
Fût-ce le jour
Qui lui mentit,
Quand, en Irlande,
Il \int alors
Solliciter ma main pour Marke,
Pour me vouer à la mort?
Tristan
Le jour! Le jour
Qui t'entoura.
Il vint me dérober Isolde,
Vers la splendeur et la lumière
Des plus grands honneurs ;
Ce qui ravissait
Tant mes yeux.
Oppressait
Si fort mon cœur :
A la lueur du jour
Comment fût donc Isolde à moi ?