‹ Tristan et IsoldeChapitre 35 sur 65 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

ISOLDE

Je fus à toi, Trayant élu!

Que t'a menti Le jour méchant.

Afin de trahir Isolde, ton aimée?

Tristan A tes atours Si nobles et si beaux, Aux grands honneurs, A force et gloire, Pour attacher si fort mon cœur, Je fus pris par folie.

Lui, qui de l'éclat De son reflet, Mit en lumière Mon front.

Brillant soleil

Des honneurs des mondes, Avec ses vains, Joyeux rayons, Perça

Ma tête et mon front Jusqu'au sanctuaire De mon cœur.

Ce qui là, dans la nuit.

Ce qui, caché, veilla.

Ce que, sans le savoir. Dans l'ombre j'ai conçu.

6o TRISTAN ET ISOLDE

L'image, que mes j^eux

N'osèrent pas voir,

Quand le jour l'eut frappée,

Brilla devant moi ;

Et cette image

Que je vis,

Je la vantai

Devant les soldats;

Hautement je louai

Devant le peuple

La plus royale fiancée

D'ici-bas.

La haine

Que me valut le jour,

Le zèle

Qu'effraya mon bonheur.

L'envie, qui rabaissa

Ma gloire et mon honneur.

Je les ai bravés,

Et je résolus,

Pour sauver honneur et gloire,

De partir pour l'Irlande.

IsOLDE

Vain serviteur du jour !

Trompée par lui Qui t'a trompé, Que mon amour Souffrit-il pour toi, Toi que, dans l'éclat Faux du jour,

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