‹ Tristan et IsoldeChapitre 4 sur 65 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

Tes tourments!

Reine, Isolde,

Ma chère amie!

Doit-elle être digne de toi,

Confie-toi

En Brangaine!

De l'air! de l'air !

Mon cœur ne bat plus !

Ouvre ! Ouvre là-bas !

(Brangaine ouvre précipitamment les tentures du milieu.)

SCÈNEII

Isolde — Brangaine — Tristan — Kourvenal Chevaliers et Preux

(On liécouvrc le navire, jusqu'au gouvernail, et par-dessus le bord, la mer et l'horizon. Au milieu, autour du grand mât, sont étendus des matelots, occupés à des cordages ; au-dessus d'eux, on aperçoit, près du gouvernail, des preux et des chevaliers également étendus; à quelque distance d'eux Tristan se tient debout, les bras croisés et regarde pensif vers la mer ; Kourvenal est à ses pieds, nonchalamment couché. On entend de nouveau le chant du jenne matelot venant du haut du mât.)

Le jeune matelot

(^sur le mât, invisible.)

Le vent nous mène

Au pays natal :

Mon cher enfant,

Où te trouves-tu?

De tes soupirs les souffles

Font gonfler mes voiles!

Souffle! oh! souffle, ô vent!

Souffre! oh! souffre, mon enfant!

^dont le regard immédiatement dirigé vers Tristan reste fixement attaché

sur lui, sourdement à elle-même.)

Toi, mon élu.

Pour moi perdu.

Sauf et fier, Lâche et vaillant:

Tête vouée à la mort!

Cœur à la mort voué!

(avec un rire étrange, s'adressant à Brangaine :)

Que crois-tu de cet homme?

Brangaine

(^suivant son regard.)

De qui donc?

ISOLDE

Là, du héros, Qui cache son regard Au mien,

Honteux et craintif Qui se détourne :

Dis, qu'en penses-tu?

Brangaine Est-ce de Tristan, Chère femme,

Du prodige en son royaume.

De l'homme tant vanté.

Du héros sans pareil De gloire couronné?

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