ACTE III
Elles t'ont porté.
Ici c'est
Ton paj's,
Paj's natal,
Le vrai pays
Où tu naquis.
Ce sont tes champs et tes bois,
Le feu du vieux soleil,
Où tu peux te guérir
Des blessures et de la mort.
(Il s'appuie sur Tristan.) Tristan (apnls un moment de silence.)
Le crois-tu?
C'est autrement,
Mais je ne puis le dire.
Je ne fus pas
Par ici ;
Mais où j'étais
Je ne puis te le dire.
Je n'ai pas vu le soleil,
Ni mon pays, ni ma gens.
Ce que j'ai vu
Je ne puis pas le dire;
J'étais
Où j'ai toujours été,
Où je vais pour toujours,
C'est dans l'empire
De la nuit des mondes.
Nous n'y connaissons
Rien autre
Que l'éternel, divin
Oubli;
Comment Tai-je oublié?
Ardent,
Désireux souvenir,
M'as-tu poussé de nouveau
Vers la lumière?
Ce qui m'était resté,
Un ardent amour,
M'enlève au doux crépuscule
De la mort pour voir la lueur.
Oui pour toi, trompant par son éclat,
Isolde, luit!
(Koun-enal, saisi d'effroi, se cache la tète.") (Tristan se redressant peu à peu.")
Isolde encore De ce monde! Au jour, au soleil Encore Isolde!
Quel désir, Quelle angoisse!
Pour la voir, Quelle impatience!
Avec fracas La porte De la mort Se ferma!
La voilà
Grande ouverte!
L'ardent soleil L'a fait sauter!