‹ Tristan et IsoldeChapitre 53 sur 65 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Les yeux grands ouverts

Je dois sortir de la nuit,

Pour la voir,

La chercher,

La trouver,

Pour m'anéantir,

Pour disparaître

En elle ;

C'est le sort de Tristan ;

Le désir

Fougueux du jour

Devient pour moi

Craintif!

Son astre

Trompeur

Éveille ma pensée

A l'illusion!

O jour maudit

Pour ta lueur!

Veilles-tu

Pour mes douleurs?

Brûlera-t-il toujours

Ce flambeau,

Qui, même la nuit.

Me chasse loin d'elle?

Ah!Isolde!

Bien-aimée!

Quand donc, enfin.

Éteindras-tu

Le flambeau,

(De plus en plus faible)

Pour m'annoncer mon bonheur?

Le feu s'éteindra-t-il?

(Il tombe doucement en arrière, épuisé.)

Quand fera-t-il nuit ici?

KOURVENAL

(après une vive émotion, il s'arrache à son abattement.)

Je la bravai,

Fidèle à toi,

Mais maintenant

Je veux la voir avec toiî

Crois en ceci :

Tu dois la voir,

Là, ce jour;

Je puis te consoler ainsi,

Si toutefois elle vit,

Tristan '.très abattu.)

La flamme brille encor, La nuit n'a pas paru:

Isolde veille et vit, M'appelant hors de la nuit.

KoURVENAL

Puisqu'elle vit.

Laisse l'espoir te sourire!

Si Kourvenal te parait sot,

Ne le raille plus aujourd'hui.

Depuis le jour

Où Mélot, l'infâme,

Te blessa.

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