‹ Tristan et IsoldeChapitre 54 sur 65 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

Comme mort tu restas;

Comment guérir

De ta plaie?

Dans ma folie

Je croyais

Que celle qui t'avait guéri

Des coups frappés par Morold

Te guérirait de ceux

Frappés par Mélot.

Mais j'ai trouvé

Celle qui guérit :

En Cornouailles

J'envoyai quelqu'un;

Un très fidèle ami

Va t'amener

Isolde ici par mer.

Tristan ( exalté.")

Isolde vient!

Isolde approche!

(11 essaye pour ainsi dire de lutter avec sa voix.)

Fidélité! Toi, sublime Fidélité !

(Il attire Kour\enal vers lui et l'embrasse.)

Mon Kourvenal, Toi, mon intime ami, Fidèle, sans faiblesse.

Comment te remercier?

Toi, mon bouclier Dans le combat, M'assistant

Dans la peine et le plaisir!

Qui j'ai haï,

Tu l'as haï ;

Qui j'adorais,

Tu l'adorais.

Ce bon Marke !

Quand je le servais,

Tu lui fus aussi fidèle!

Quand j'ai trahi

Mon puissant seigneur,

Tu te plus alors à le tromper !

Tu n'es pas à toi,

Tu n'es qu'à moi;

Quand je souffre,

Tu souffres;

Ce dont je souffre,

Tu n^en peux souffrir.

Et ce vif désir

Dont je me meurs.

Le feu langoureux

Qui me détruit,

Si tu pouvais

Les ressentir,

Tu t'éloignerais d'ici

Pour monter à la vigie;

Tu voudrais voir

Avec tous tes sens,

Et tu voudrais épier là,

Au loin, où s'enflent ses voiles,

Où brûlant

Du désir de me voir,

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