‹ Tristan et IsoldeChapitre 56 sur 65 · ACTE III · texte numérisé non relu

ACTE III

L*épée,

Elle la laissa choir, Et me fit boire Le poison Quand j'espérais Guérir pour toujours ; Elle choisit

Le philtre le plus ardent Pour m'empécher de mourir, Me vouant au supplice éternel- Boisson! Boisson!

Terrible boisson!

Elle pénétra Du cœur au cerveau!

Aucun salut, Aucune mort N'ont pu m'affranchir Du supplice du désir!

Je ne puis trouver De repos; Car la nuit Me jette au jour.

Pour, de mes maux, éternellement Repaitre le regard du soleil!

O feu brûlant De ce soleil!

Oh î comme ton ardeur Détruit mon cerveau!

Oh! contre le feu brûlant De cette ardeur Aucun abri rafraîchissant

Univera/TJJ*

lOO TRISTAN ET I30LDE

Dans l'ombre !

Contre les souffrances

De ces douleurs

Quel baume calmant

Pourrait me soulager?

L'horrible boisson,

Qui m'attache au supplice,

C'est moi, c'est moi

Qui la brassai!

Dans la douleur

De mes parents,

Les pleurs d'amour

Des temps passés,

Les rires et larmes,

Blessures et joies,

J'ai trouvé les poisons

Du breuvage..

Je t'ai brassé!

Tu fus versé pour moi!

Avec volupté

Je t'ai savouré;

Maudit sois, breuvage d'horreur!

Maudit qui te brassa!

(11 retombe en arrière, évanoui.)

KOURVENAL

(qui a cherché en vain à apaiser Tristan, s'écrie épouvanté.)

Mon seigneur! Tristan!

Philtre effroyable!

Amour trompeur!

Tyrannique amour!

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