‹ Tristan et IsoldeChapitre 57 sur 65 · ACTE III lOI · texte numérisé non relu

ACTE III lOI

La plus douce illusion,

Qu'a-t-on fait de toi?

Il est mourant,

Cet homme charmant,

Qui, comme nul autre homme, aima!

Voyez maintenant

Comme il en eut merci,

Ce que l'amour recueille toujours.

(^D'une voix sanglotante.)

Mais es-tu mort

Ou vis-tu?

Ou mort, étant maudit?

(II écoute sa respiration.)

O bonheur! Non!

Il tremble! Il vit!

Je vois ses lèvres s'agiter!

Tristan

(■revenant brusquement à lui, commençant d'abord très doucement.)

Le vaisseau? Le vois-tu là?

KOURVENAL

C'est lui? Mais oui,

Il va venir;

Il ne peut plus tarder.

Tristan

A bord, Isolde Qui fait signe, Et boit

A notre réconciliation ;

La vois-tu?

Ne la vois-tu donc pas?

Elle vogue

Heureuse,

Fière et douce,

Sur les champs de la mer !

Et sur de douces vagues

De fleurs délicieuses

Elle vient,

Poussée vers terre ;

De son sourire elle verse

Sur moi le repos,

Et va m'apporte r

Soulagement!

Ohîlsolde! Isolde!

Tu semblés si belle !

Et Kourvenal,

Tu ne la vois pas?

En haut là-bas!

Homme insensé!

Ce qu'on voit si clairement.

Que cela ne t'échappe !

Ne m'entends-tu pas?

Va sur la tour !

Vi'.e à la vigie!

Es-tu là-haut?

Voilà le vaisseau,

Celui d'Isolde,

Tu dois le voir!

Tu dois le voir!

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