‹ Tristan et IsoldeChapitre 58 sur 65 · ACTE III lo · texte numérisé non relu

ACTE III lo

Le vaisseau,

Ne le vois-tu pas?

(Pendant que Kourvenal continue à lutter thnidement avec Tristan, le pâtre fait entendre du dehors un chant joyeux sur son chalumeau.)

Kourvenal

^^11 se lève gaiement, court à la %-igie et s'écrie essoufflé.)

O bonheur ! ô joie!

Ha ! le vaisseau !

Je le vois approcher du Nord !

Tristan (dans un enthousiasme croissant.)

Je le savais!

Je le disais,

Qu'elle vit encor,

Me tisse encor une vie!

Comment, Isolde

Serait hors du monde,

Qui, pour moi,

Ne contient qu'Isolde!

Kourvenal

(avec des cris de joie, du haut de la vigie.)

Heiha! Heiha !

Comme il vogue bien!

Comme on voit ses voiles se gonfler !

Comme il chasse! Comme il vole!

Tristan Je vois le pavillon!

KOURVENAL

Au mât le pavillon

De joie flotte gaiement!

Tristan (se redressant sur sa couche.)

Ha! Quelle joie!

Isolde vient

Au grand jour vers moi!

Isolde vers moi!

La vois-tu bien?

KoURVENAL

L'esquif a passé Le récif!

Tristan

Près du rocher?

Est-il sauvé!

La vague le secoue ; On peut s'y perdre!

La baire, qui la tient?

KoURVENAL

Le plus sûr marin.

Tristan M'a-t'-il trahi?

Est-il donc pour Mélot?

KoURVENAL

Cet homme est sûr!

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