ACTE III
ISOLDE
Ha! C'est moi, c'est moi,
Mon plus doux ami!
Debout, entends encore
Une fois ma voix !
Isolde appelle ;
Isolde vient
Mourir avec Tristan fidèlement,
Restes-tu muet?
Rien qu'une heure,
Rien qu'une heure
Veille pour moi!
En désirant, elle veilla
Des jours d'angoisse
Pour veiller une heure
Encore avec toi.
Tristan veut-il
Priver Isolde
De ce sublime,
Unique, court.
Éternel bonheur des mondes?
La plaie? où?
Je veux la guérir,
Afin de partager
Ton bonheur dans la nuit.
De ta blessure
Tu ne dois pas mourir.
Pour que la lueur de vie
Pour nous s'éteigne!
Ton regard, — brisé!
IIO TRISTAX ET ISOLDE
Mort, — ton cœur!
Pas un léger souffle
D'un soupir?
Dois-je gémir
Devant toi?
Heureuse, pour me fiancer à toi
J'ai traversé la mer.
Trop tard!
Homme cruel!
Ainsi me punis-tu
Du plus dur arrêt,
Sans égards
Pour la cause de mes douleurs!
Ne puis-je te confier
Mes plaintes?
Rien qu'une fois, ah!
Rien qu'une fois,
Tristan, ah!
Oui; — il veille!
Aimé!
(Elle s'affaisse évanouie sur le corps de Tristan,')