‹ Tristan et IsoldeChapitre 64 sur 65 · ACTE III Il · texte numérisé non relu

ACTE III Il

KOURVENAL

(Il tombe aux pieds de Tristan et cherche à prendre sa main.)

Tristan! mon cher!

Ne gronde pas!

Car, fidèle, j'arrive!

(Il meurt.)

Marke

Tout est donc mort!

Tout est mort!

Héros! Mon Tristan!

Mon cher ami !

Tu veux trahir

Ce jour ton ami

Qui vient te témoigner

Sa fidélité suprême!

Éveille-toi! — Éveille-toi!

Éveille-toi pour mon chagrin!

(Se penchant sur leurs corps, en gémissant.)

Le plus fidèle, infidèle ami!

BrANGAINE (^ui a ranimé Isoldc dans ses bras.)

Elle veille et vit!

Isolde, entends-moi, Entends ce que je dis!

J'appris au roi Le secret du breuvage ; Avec hâte il partit Inquiet en mer

Il6 TRISTAN ET ISOLDE

Pour te rejoindre, Pour renoncer à toi, T*amener à son ami!

Marke

Pourquoi? — Isolde,

Pourquoi cela?

Quand j'eus bien compris

Ce qu'avant je ne pus savoir,

J'étais heureux

De voir que l'ami fut innocent!

Et pour t'unir

A l'homme aimé,

A pleines voiles

Je te suivis :

Mais c'est un malheur trop vil,

Qui frappe le messager de paix ;

J'ai grossi la moisson de la mort :

L'erreur fut cause du malheur!

Brangaixe.

Ne nous entends-tu pas?

Isolde! Chère!

Ne me reconnais-tu pas?

Isolde

(qui a regardé indifférente, sans s'apercevoir de rien, jette enfin un regard sur le corps de Tristan.)

A-t-il l'air doux!

Comme il sourit, Et ses yeux

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