ACTE III Il
KOURVENAL
(Il tombe aux pieds de Tristan et cherche à prendre sa main.)
Tristan! mon cher!
Ne gronde pas!
Car, fidèle, j'arrive!
(Il meurt.)
Marke
Tout est donc mort!
Tout est mort!
Héros! Mon Tristan!
Mon cher ami !
Tu veux trahir
Ce jour ton ami
Qui vient te témoigner
Sa fidélité suprême!
Éveille-toi! — Éveille-toi!
Éveille-toi pour mon chagrin!
(Se penchant sur leurs corps, en gémissant.)
Le plus fidèle, infidèle ami!
BrANGAINE (^ui a ranimé Isoldc dans ses bras.)
Elle veille et vit!
Isolde, entends-moi, Entends ce que je dis!
J'appris au roi Le secret du breuvage ; Avec hâte il partit Inquiet en mer
Il6 TRISTAN ET ISOLDE
Pour te rejoindre, Pour renoncer à toi, T*amener à son ami!
Marke
Pourquoi? — Isolde,
Pourquoi cela?
Quand j'eus bien compris
Ce qu'avant je ne pus savoir,
J'étais heureux
De voir que l'ami fut innocent!
Et pour t'unir
A l'homme aimé,
A pleines voiles
Je te suivis :
Mais c'est un malheur trop vil,
Qui frappe le messager de paix ;
J'ai grossi la moisson de la mort :
L'erreur fut cause du malheur!
Brangaixe.
Ne nous entends-tu pas?
Isolde! Chère!
Ne me reconnais-tu pas?
Isolde
(qui a regardé indifférente, sans s'apercevoir de rien, jette enfin un regard sur le corps de Tristan.)
A-t-il l'air doux!
Comme il sourit, Et ses yeux