‹ Tristan et YseultChapitre 11 sur 36 · LA LÉGENDE, LE POÈME ET LA MUSIQUE LA LÉGENDE · texte numérisé non relu

LA LÉGENDE, LE POÈME ET LA MUSIQUE LA LÉGENDE

Pendant tout le moyen âge, et jusqu'à des temps plus modernes, les noms de Tristan et d'Iseult ont été associés, dans l'esprit des nations civilisées de l'Europe, à l'idée des plus hautes joies et des douleurs les plus profondes de l'amour, aussi bien qu'à toutes les aventures romanesques imaginables. A la suite du réveil d'intérêt qui se manifesta, en Allemagne, pour les vieilles légendes et la littérature ancienne, l'œuvre de Richard Wagner, en faisant revivre ce sujet inépuisable, nous a, de nouveau, familiarisés, depuis une vingtaine d'années, avec les formes typiques du primitif mythe d'amour.

Dans la version ancienne, la Légende, ou Saga, de Tristan et Iseult a pour trait caractéristique le Charme d'amour qui, sous la forme d'un breuvage, enchaîne les amants avec une force magique irrésistible. Cette conception

mythique et romanesque, combinée avec certaines variantes de poèmes allemands, se retrouve chez les peuples les plus divers de la race indo-germanique. En Orient, les Persans, dont les traditions sont si nombreuses, en ont conservé les souvenirs les plus remarquables; en Occident, les bardes de la Grande-Bretagne celtique ont transmis aux Français et aux Allemands la plus riche élaboration de ce simple mythe du charme d'amour, déjà réuni à la légende celtique d'Arthur et aussi à celle du Saint-Graal. Certains traits principaux du mythe, Tantagonisme initial des deux amants, le combat de Tristan contre un parent d'Iseult, la guérison du héros par l'art magique de la fille du Roi^ la demande en mariage d'Iseult faite par Tristan pour le compte d'un autre, le charme d'amour, l'union secrète, la trahison, et la mort des amants, rappellent la Saga de Siegfried, voire même le combat avec le Dragon attribué à Tristan, avec cette différence, toutefois, que l'incident du Philtre, qui est le point central et culminant de la Saga de Tristan, n'apparaît dans celle de Siegfried que vers la fin, dans la seconde partie, Siegfried doit boire le Philtre afin d'oublier Brunehilde, son «Iseult », et de s'unir à une «autre», Gutrune Kriemhilde; ce

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