‹ Tristan et YseultChapitre 23 sur 36 · SÉ? · texte numérisé non relu

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La scène se termine par le choix que fait Iseult du breuvage de mort. Brangaine, avec l'accompagnement du motif du désir, vante le pouvoir du philtre : «Ne connais-tu pas les arts de ta mère? — Kennst du der Mutter Kiinste nichiy). Mais, Iseult ramène le motif de la mort: «Vengeance pour la trahison, repos pour le cœur en détresse — Rache fur den Verrath, Ruh' in der Noth dem Herzeni> tt, à la fin, encore, lorsqu'elle saisit elle-même le breuvage de mort : « Tu te trompes, je le connais mieux — Du irrst,

ich kemi' ihn bessery), se fait entendre dans la basse ce sombre thème de trois notes, le thème du Destin, déjà signalé dans le chapitre du Prélude, qui rappelle la forme fondamentale du motif du regard.

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Les cris bruyants des matelots amènent une transition entre la douloureuse émotion de cette fin de scène et le gai commencement de la scène suivante.

La quatrième scène s'ouvre, au milieu des menaçantes et tumultueuses tempêtes du drame, par un court et vif intermède : L'entrée hardie du robuste Kourvenal avec son invitation, d'une brusquerie joviale : « de se préparer à descendre à terre — fûr's Landsich zu bereitenj). Le thème, continué sans interruption, de cette première partie de la scène, est une combinaison des cris joyeux des matelots avec le motif de la mer, ici plus détaillé et orné ensuite de folâtres sixaines de notes et de trilles «le pavillon d'allégresse flotte gaiement vers la terre — Der Freude Flagge, sie wehe lustig m' s Landy>.

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La seconde partie de la scène, la réponse d'Iseult, qui contient la double répétition du commandement catégorique à Tristan d'expier d'abord sa faute, se terminant la première fois, par le motif de Tristan blessé, et la seconde fois par le motif de la mort, rentre, ainsi, dans la sombre oppression du drame qui éclate de nouveau comme avec des éclairs d'orage à la troisième partie de la scène.

Cette troisième partie débute par une véhémente transmutation du motif de la colère qui exprime, ici, l'agitation intense d'Iseult, lorsqu'elle se tourne vers Brangaine pour lui exprimer ses adieux et affirmer sa détermination de prendre le breuvage. Toutefois, le motif

principal de cette partie est le thème menaçant du Destin, que l'on entend à la basse, et dont le pouvoir mystérieux précipite impétueusement toute l'action, avec une hâte fébrile, vers le moment décisif.

Lorsque, à l'instant le plus agité de cette scène, Kourvenal annonce tranquillement : « Le seigneur Tristan ! » Iseult cherche, par un effort terrible à se maîtriser ; le motif transformé de la colère revient, alors, après un dernier fortissimo à sa forme première et s'affaisse, entrecoupé, hésitant et comme hors d'haleine sur ces mots : c( Que le seigneur Tristan s'approche — Het'r Tristan, trete nahy).

La cinquième scène représente le point culminant du drame dans cet acte : La première rencontre de Tristan et d'Iseult qui doit conduire Tristan à l'expiation et les conduire tous les deux à la mort. Lentement, comme enfermé dans une armure et cachant fièrement, avec un défi héroïque, la passion de son cœur et la lutte mortelle de sa loyale fidélité, Tristan s'avance, précédé par son motif du Héros étroitement lié avec un second thème où l'on retrouve le motif de la souffrance mais qui, après un staccato fortissimo, fait place à un rythme ferme et résolu

pour se résoudre, en un diminuendo, dans le motif de l'amour (5), que retient cependant le sentiment de la renonciation.

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