‹ Tristan et YseultChapitre 3 sur 36 · PREFACE IX · texte numérisé non relu

PREFACE IX

d'autres arts, cette difficulté spéciale d'avoir besoin du concours d' interprètes plus ou moins nombreux et de ne pouvoir, en conséquence, être comprise des auditeurs que si elle l'est d'abord par les exécutants et par ceux qui les conduisent, ce qui exige souvent une longue éducation.

Il serait injuste daccuser toujours le public d'incompétence et de légèreté; les foides mêmes ne sont pas inaccessibles aux sensations artistiques les plus élevées) mais il faut, pour obtenir ce résidtat, tout un ensemble de conditions favorables, tme interprétation parfaite et un milieu approprié.

N'est-il pas digne de remarque, par exemple, qu'avec des moyens relativement restreints onar- Xi. rive, sur certaines scènes, à passionner les spectateurs, et que l'Opéra, qui dispose des ressources réunies de tous les arts, ait rarement réussi à provoquer aucune émotion véritable?

Il faut bien le dire, à l' Opéra, la pauvreté ordinaire de l'intérêt scénique, le décousu de la musique, r éclairage et le luxe de la salle, l'étalage de l'orchestre , l'éclat pompeux des décors , les intermèdes de ballets, les exercices de virtuosité des artistes et les applaudissements obligés qu'ils réclament, tout concourt à ne faire, des représentations, que de simples divertissements et des occasions de réunions mondaines.

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