INTRODUCTION XXVII
Il commence par déclarer que l'édition in-40 est « assez incorrecte » — ce qui est fort vrai — mais que les deux éditions in- 12 « valent beaucoup mieux ». Sur ce dernier point, il convient de lui laisser toute la responsabilité de son assertion. On restera libre de juger que la première édition, si mauvaise qu'elle soit, vaut mieux que la deuxième qui vaut mieux que la troisième. Et sans doute M. Girard exagère-t-il quand il délivre un brevet de « typographe soigneux » au fabricateur des in-12. Il pourrait, en tout cas, employer le pluriel, car le typographe de 1646 n'est assurément pas le même que le typographe de 1647. Et non plus « le Typographe » n'est pas une entité.
Il triomphe d'avoir su rétablir, grâce audit typographe, le bon texte des vers 273, 836 et 1817. Mais pourquoi a-t-il voulu s'en prendre au vers 1769, sans autre secours que de lui-même? Il l'imprime ainsi : Quoy ! nous ne verrons plus cette perle de Cour?... ayant remplacé le mol: perte par le mol: perle. Et de s'en applaudir, en s'affirmant à lui-même que : « C'est fort bien en situation, surtout dans la bouche de Sabine-Poppée, qui, en maint endroit, manie l'ironie de terrible façon. » N'en déplaise à M. Girard, et en dépit de la terrible ironie si bien constatée chez Poppée,^^r/« de Cour est tout aussi absurde que perte de Cour et n'est guère moins insolite. Au contraire, peste de Cour est une locution toute faite, une façon de parler courante au xviie siècle. Racine l'emploie dans la seconde préface de Britannicus. Il vient de flétrir Narcisse, le confident de Néron. Il poursuit : « J'ay choisi Burrhus pour opposer un honnête homme à cette peste de cour ; et je l'ay choisi plutôt que Seneque ; en voici la raison. . . » (On a prolongé la citation d'une dizaine de mots de plus qu'il n'était utile, uniquement pour le plaisir d'inviter à lire ce qui vient après, où Racine ne tient sa promesse que de la façon la plus ambiguë et imparfaite, peut-être par ce que la véritable « raison » était que Tristan avait choisi Sénèque.)
Revenons, après cette parenthèse, k'. peste de Cour. La Fontaine dit. Fable ix du Livre X : « Mainte peste de Cour fit tant par maint ressort... » Si l'on cherchait un peu, il est probable que l'on trouverait des exemples plus exactement de l'époque de Tristan. L'éditeur des « Cahiers d'un Bibliophile » a donc perdu son temps