‹ TristanChapitre 9 sur 55 · INTRODUCTION XV · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XV

dernières paroles qui furent publiées après sa mort, ou plus vraisemblablement après celle de Néron, et qu'on voyoit encore du temps de Tacite... Pourquoi ne sera-t-il pas permis d'imaginer les dernières paroles de Seneque, au lieu des véritables que nous n'avons pas, puis qu'outre le secours que nous tirons de Tacite & des autres Historiens, dans sa vie & dans ses écrits, il nous a laissé l'idée de cet ouvrage ? »

Ces h dernières paroles » supposées, encastrées dans la relation des dernières heures, occupent 102 pages; 11 feuillets précédents sont emplis par une « Préface contenant l'Abrégé de la vie de Seneque & quelques auis nécessaires au Lecteur ».

Pas plus dans l'opuscule de Mascaron que dans le chapitre de Caussin, Tristan ne pouvait trouver grand'chose qui ne fût dans Tacite ; le plus simple était donc pour lui d'aller droit à l'Annaliste Latin, et c'est le parti qu'il prit.

De Caussin, il ne retint guère que l'hypothèse gratuite de Sénèque Chrétien. Où le R. P. Jésuite affirme avec audace, et non sans habileté, alléguant les autorités de « Flauius Dexter, vn très ancien historien... Sainct Hierosme iudicieux... Tertullien très grand autheur... Sainct Augustin » sans épithète..., Mascaron fait montre (peut-être que son fils lui en sut peu de gré) d'un franc scepticisme, et de plus que cela. On verra les points saillants de la discussion dans les notes aux vers 703-710 et 18 30-1 838.

De Mascaron il a gardé quelques traits, comme « l'éponge à presser », le « qu'vn Hct et qu'vn tombeau ». Il lui emprunte aussi, ou à Caussin, l'orthographe: Tigillin, et non: Tigellin, en transcription de : Tigellinus ; d'ailleurs, détail assez mince.

Le reste vient de Tacite. Et ce reste, c'est toute la tragédie.

« J'avois copié mes personnages d'après le plus grand peintre de l'antiquité, je veux dire d'après Tacite, & j'étois alors si rempli de la lecture de cet excellent historien qu'il n'y a presque pas un trait éclatant dans ma tragédie dont il ne m'ait donné l'idée. J'avois voulu mettre dans ce recueil un extrait des plus beaux endroits que j'ay tâché d'imiter; mais j'ay trouvé que cet extrait tiendroit presque autant de place que ma tragédie. »

Qui parle ainsi ? Tristan. Non ! Racine, dans la seconde Préface de Britannicus. Ce que Racine eut un moment l'intention

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