‹ Tristan & Isolde: drame musical en trois actes. Version française d'AlfredChapitre 13 sur 26 · VOIX DE L'ÉQUIPAGE · texte numérisé non relu

VOIX DE L'ÉQUIPAGE

Tous aux agrès !

L'ancre aux flots!

TRISTAN (se levant avec violence')

Garde à Tancre !

La barre au courant !

Aux brises voiles et mâts ! (i)

{Prenant la coupe des mains ePIsoldé^

Bien te connais-je.

Reine, aux mains pleines de charmes tout puissants. (2) Ton baume fut ma guérison,

Ta coupe, je la prends.

Mon niai suprême y meure !

Mais sache quel

(i) Var : Aux brises, voiles dehors»

(2) Var : Reine^ toi — // tous les charmes — si puissants.

serment d^oubli pour toi mon cœur prononce :

Tristan garde

fier, sa foi.

Tristan souffre,

trop hardi.

Leurre des âmes !

Vains présages I

Au deuil sans terme

seul espoir :

Liqueur d^oubli, viens donc.

Je bois ici sans peur.

(lîporti la coupe à ses lèvres et boit/

ISOLDE

Trompeur encor !

Nul partage !

(Elle lui arrache la coupe)

Perfide, je bois à toi.

{Elle boit et jette au loin la coupe. Tous deux, secoués de la plus forte émotion^ mais immobiles, se regardent avec une passion croissante. Leur physionomie passe en un moment de V expression du mépris de la mort à celle du plus ardent amour. Un tremblement les agite. Leur main convulsive se porte sur leur cœur et sur leur front. Leurs yeux se cherchent, se ' baissent en un grand trouble et se relèvent pour se fixer encore, en un désir toujours accru.)

ISOLDE {d*nne voix tremblante,)

Tristan ! \

TRISTAN {avec effusion.)

Isolde !

ISOLDE (tombant dans ses bras.)

Cher infidèle !

TRISTAN (T embrassant passionnément)

Femme céleste I

(Ils restent enlacés, silencieux. Au loin, des sons de trompettes et de clairons et, sur le vaiseauy des cris d'Acmmes.")

CRIS D'HOMMES (au dehors)

Los ! Los au roi !

Salut ! Los !

Gloire I Gloire au roi ! Los !

(Brangœnê, qui détournait ses regards.^ se tenant appuyée , pleine de trouble^ sur le bord du navire, jette les yeux sur Tristan et /solde et se précipite ^ en tordant ses mains de désespoir, en avant de la scène.)

BRANGi€NE

Las! Las!

Des tourments sans fin pour eux, non brusque mort !

FoJle amour dont Tœuvre trouble s'en va fleurir en douleurs !

(Tristan et Isolde se dégagent peu à peu de leur enlacement éperdu.)

TRISTAN

Hier, toi perdue ?

ISOLDE Non, repoussée!

TRISTAN

Un noir prestige put nous tromper !

ISOLDE

L'âpre fureur en moi grondait.

TRISTAN Isolde! Suave enfant.

ISOLDE

Tristan I Preux bien-aimé l

TOUS LES DEUX

Comme mon cœur

bouillonne et s^élève !

Comme mes sens

d'ivresse frémissent !

Joies désirantes

Vives fleurissent !

Flamme amoureuse

brûle nos âmes!

Fort dans mon sein

bat le désir.

Oh ! loin du monde

Sur moi tu règnes, y

Sur moi tu règnes, pour toi seule je vis, noble flamme d'amour.

{Les Unturés sUcartent largement. Le navire est rempli de chevaliers et de marinSffaisant joyeusement des signes du côté du rwage. Au find^ tris troche^ apparaît une falaise couronnée d'un château,")

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