‹ Tristan le RouxChapitre 16 sur 33 · LE CHATEAU DR CHIKON · texte numérisé non relu

LE CHATEAU DR CHIKON

Je ne sais pas si de nos jours Chinon est une ville bien gaie, mais du temps que Charles VII y demeurait, c’était une ville assez triste. Ses remparts sombres et ses machines de guerre lui donnaient plutôt l’aspect d’une citadelle que d’une rési-

dence royale; et cela devait être ainsi à tme époque où le roi de France était chassé de province en province et traqué de ville en ville.

Quand Olivier et ses compagnons firent leur entrée à Chinon, la nuit s’approchait, et ils causèrent une grande rumeur. Mais lorsqu’on 6Ut qu’ils étaient de fidèles serviteurs du dauphin, et qu’ils venaient à son secours, ce fut avec des acclamations de joie qu’on les accueillit, et ce fut à qui les logerait.

Olivier ne voulait pas quitter Jehanne. La mystérieuse fille exerçait sur lui l’influence qu’elle exerçait sur tous les cœurs enthousiastes et sur tous les esprits religieux. Puis, comme femme, elle pouvait courir des dangers au milieu de soldats brutaux, et il voulait être le plus près possible d'elle pour la défendre. Il logea donc, dans la même hôtellerie que Jehanne, Jehan de Novelompont et Bertrand de Poulangy. Il ne garda avec lui que quelques hommes, et laissa les autres se disséminer, après ieur avoir fait promettre de se réunir au premier signal qu’il donnerait.

Jehanne fut confiée à la femme de l’hôtelier, la dame Rabatheau, laquelle, émerveillée du récit que l’on fut bien forcé de lui faire, promit d’avoir d’elle le plus grand soin et se mit en devoir de raconter à toutes les commères de la ville l’étonnante histoire de la vierge de Domrémy.

Olivier ne voulait pas perdre de temps, et il envoya dire au roi qu’il demandait à lui porter ses hommages et ses serments, en compagnie de Jehan de Novelompont et de Bertrand de Poulangy.

C'eût ôté une chose touchante à voir que les soins dont ces jeunes seigneurs entouraient Jehanne. Ces braves chevaliers, tout couverts de fer, hommes de guerre et de fatigue, avaient pour leur jeune compagne des prévenances presque maternelles. Ils s'inquiétèrent de sa chambre, ils la visitèrent pour s’assurer qu’elle n’avait rien à y craindre; et comme ils la savaient pieuse, ils coururent toute la maison jusqu’à ce qu’ils eussent trouvé un crucifix qu’ils vinrent accrocher à la tète de son lit.

Il fut convenu entre les gentilshommes que tout le temps que durerait le séjour de Jehanne dans la ville, chacun d’eux veillerait à son tour devant sa porte. Jehanne les remerciait avec des larmes de reconnaissance de tout le souci qu’ils prenaient d'elle.

Le messager qu’ils avaient envoyé au roi revint leur annoncer que le roi les attendait.

— Vous allez voir monseigneur le dauphin, leur dit Jehan ne; essayez de le convaincre, car je crois qu’il aura grande défiance de moi. Faites que je le voie, surtout, et je réponds du reste, car j’ai à lui dire des choses que lui. Dieu et moi seuls pouvons savoir.

— Comptez sur nous, Jehanne, répondit Olivier.

Et les trois seigneurs quittèrent l’hôtellerie.

La jeune fille, après un court et frugal repas, monta dans sa chambre, et, à la lueur du foyer et d’une lampe déposée sur une table, se mit à penser profondément sans doute à son bonheur passé, auquel elle venait de dire adieu peut-être pour toujours, à sa mère qu’elle avait quittée sans l’embrasser, et qui, l’attendant le soir comme elle avait coutume de le faire, au lieu de sa fille n’avait vu venir que la lettre qui lui annonçait le départ de Jehanne, et que celle-ci lui avait fait écrire par le curé de Domrémy, car, la sublime iguorante, elle ne savait pas écrire.

Pendant ce temps, Jehan, Bertrand et Olivier arrivaient au château qu’habitait le roi, espèce de forteresse carrée, triste et menaçante, flanquée d’une tour à chacun de ses angles, sentinelles de pierre qui, les yeux fixés sur l’est, l’ouest, le nord et le sud, devaient prévenir l’hôte royal de tout ce qu’elles y verraient venir.

Arrivés à la porte du château royal, ils trouvèrent sous la première voûte un jeune homme, nous devrions dire un enfant de dix-huit ans environ, aux grands yeux bleus, aux longs cheveux blonds, à la tournure élégante, à la mine éveillée et hardie.

— Messieurs, dit-il, le roi m’envoie vers vous pour que je vous couduise à lui. Veuillez me suivre.

Le jeune homme, précédé de deux valets portant des torches, fit traverser aux visiteurs la moitié d’une cour triste et solitaire, et après avoir monté un escalier de pierre froid et nu, il entra dans des chambres désertes, plongées dans l’obscurité avant qu’il y entrât, et sur les mqrs desquelles brillaient à la lueur des deux torches quelques armes polies et quelques rares dorures.

Les six personnages qui se rendaient chez le roi une fois passés, ces salles retombèrent dans leur silence et dans leur obscurité.

Les grandes cheminées vides et noires les glaçaient autant que le froid du dehors, qui pénétrait par les portes ouvertes et les fenêtres mal jointes. Quand on songeait que l’on était chez un roi, on ne pouvait voir pareille chose sans un grand sentiment de tristesse.

Arrivés près d’une portière à travers laquelle filtrait la lumière de là chambre sur laquelle elle se fermait, les deux valets s’arrêtèrent, et le jeune homme qui avait été chercher Olivier, Bertrand et Jehan à la porte, soulevant cette tapisserie, les fit entrer dans une salle où, entre une table garnie de deux couverts seulement et la haute cheminée où pétillait un grand feu, était assis un homme de vingt-six ans à peu près. Cet homme était vêtu d’une culotte hlanchn et d’un pourpoint de veloursaux larges manches doublées d’hermine. Sur sa poitrine et passée à son cou, brillait une chaîne d’or et de pierreries. 11 avait la tête nue, mais dans la position qu’il avait prise, on ne pouvait voir son visage. En effet, quand les trois gentilshommes entrèrent, il paraissait plongé dans une rêverie profonde, avait le coude gauche appuyé sur le bras de son large siège, la tête appuyée sur la main de ce bras, et tournant le dos à la porte par où Olivier et ses compagnons venaient d’entrer, il regardait brûler le feu et l’attisait du bout d’une mince épée.

— Le roi! Messieurs, dit le jeune introducteur en entrant et en faisant passer devant lui ceux qu’il amenait.

A ces mots, Charles Vil, car c’était lui, releva la tête et montra, par ce mouvement, un visage intelligent, pensif et

fin, qu’encadraient régulièrpm ni des plieveux coupés carrément sur son front.

— Soyez les bien-venus, messieurs, dit le roi du ton d’un homme qui ne sait pas encore s’il est content ou fâché qu’on l’ait tiré de ses méditations et do sa solitude.

Ceux à qui il s’adressait s’inclinèrent, pendant que leur jeune introducteur s’approchait familièrement du feu et se chauffait. ,

Le roi se leva alors, et regardant avec attention les trois seigneurs qu’il avait devant lui, il leur dit d’une voix triste:

— Si vous ne saviez que vous êtes chez moi, messieurs, vous ne le devineriez point, n’est-ce pas? Ce château ressemble peu à un château royal.

— Le roi n’en est que plus grand à nos yeux, sire, répondit Olivier; et le roi n’eût-il plus qu’une ville enFrance, plus qu’une maison dans une ville, il aurait autour de lui assez de braves et Joyaux sujets pour lui rendre un jour ce qu’il a perdu.

Jehan et Bertrand approuvèrent en s’inclinant de nouveau, ce que venait de dire Olivier.

— Et vous venez vous joindre à ces sujets-là, messire, fit le roi, et je ne l’oublirai jamais. Vous êtes le comte Olivier de Karnac?

— Oui, sire.

— Vous êtes le fils d’un fort et vaillant chevalier, Messire, et j’avais hâte de voir le fi)s pour le remercier des services du père. J’étaig bien jeune quand le comte de Karnac fut tué, mais je me rappelle avoir entendu souvent mon père le rui Charles VI prononcer son nom ayec respect. C’était un Breton, c’est tout dire; les Bretons sont de braves soldats,

— Dévoués à toutjamais, Sire, à la cause du roi de France, répondit Olivier, et les fils feront leur poasible pour ne pas faire rougir leurs pères.

— Quand avez-vous quitté la Bretagne, messire?

— Il y a quinze jours à peine.

— Kt qui vous a fait prendre cette résolution de venir à nous?

— N’étais-je pas en âge de porter les armes, sire, répondit Olivier, et ne devais-je pas me rendre avec bonheur à l’appel du comte de Riçhemont?

Le front du roi se rembrunit à ce nom; Olivier s’en aperçut et il ajouta :

— Du comte de Riçhemont, le plus brave et le plus dévoué de vos serviteurs, sire.

— C’est bien, messire, c’est bien, fit le roi avec une sorte d’impatience; nous connaissons la bravoure et le dévouemeut du connétable : dévouement si grand, continua le roi avec une sorte d’aigreur, qu’il nous sert presque malgré nous. Et vous, messieurs, reprit-il eu se tournant vers les deux autres chevaliers, n’étes-vous pas Jehan deNovelompont et Bertrand de Poutangy, deux fidèles encore!

— Oui, sire, dirent les deux chevaliers.

— Ne m’étes-vous pas envoyés par Robert de Baudrieourt?

— Par lui-même.

— Que signifie cette autorisation qu’il m’a fait demander de m’envoyer une jeune fille? quelle est cette jeune fille?

— C’est un miracle vivant. Sire.

— En vérité, fit le roi avec le ton de l’incrédulité, et vous avez amené ce miraclé avec vous? .'

— Oui, sire.

— Ainsi vous avez foi en cette jeune fille?

— Complètement.

— Et vous l’appelez?

— Jehanne.

— Tout simplement?

— Tout simplement, sire.

— Et que promet Jehannef

— Elle promet de faire lever le siège d’Orléans, sire, et de vous mener recevoir à Reims la couronne à laquelle vous avez droitetqui vous manque encore.

Le roi rougit légèrement.

— Ainsi, reprit-il, elle fera ce que personne n’u encore pu faire ?

— Elle le promet.

— Et vous croyez à cela, messieurs!

— Oui, sire, nous vous le répétons.

— Vous êtes fous, messieurs, permettez-moi de vous le dire. Comment, de nobles et preux chevaliers comme vous ont plus de confiance en une fille de dix-sepl ans qu’en euxmêmes! ils n’ont plus assez de leur épée il leur faut une houlette! Que ne mettez-vous pas des jupons et des corsages de femmes au lieu de cottes de mailles et d’armures : votre costume répondrait à vos croyances.

— Si Jehanne l’ordonnait, répondit Bertrand, nous ferions ainsi.

— Vous feriez ce que bon vous semblerait, messieurs, répliqua le roi d’un ton sévère, comme moi je ferai ce que bon me semblera. Mon avis n’est pas qu’après les pertes et les dépenses que nous avons faites, je doive lever une nouvelle armée et m’exposer à de nouveaux désastres, parce qu’il plait aune petite fille, folle peut-être, de se croire destinée à sauver la France. Comment voulez-vous, messieurs, que moi le roi, j’aille dire à mes vieux chevaliers, à Dunois, à Lahire, à Xaintrailles, à vous-mêmes : Je n’ai plus foi en votre courage, et vous allez suivre cette enfant? C’est fou, messieurs, c’est insensé. , -

— C’est pour cela qu’il faudrait le faire, interrompit le jeune homme qui se chauffait, puisque jusqu’à présent ce qui est sensé n’a pas réussi.

— Tais-toi, Étienne, tais-toi, enfant, dit le roi d’une voix moitié douce moitié sévère, cela ne te regarde pas.

Étienne s’assit, et, croisant ses jambes, il se mit à regarder les dessins d’un gros volume de vénerie qui se trouvait là.

— Cependant, sire, hasarda Jehan, c’est sur votre ofdre que nous nous sommes mis en route et que nous avons amené Jehanne.

— Je ne vous dis pas le contraire, messieurs, seulement j’ai réfléchi, et le royaume de France vaut bien une réflexion, je crois.

— L’ancien royaume de France, dit Étienne, peut-être, mais celui que vous avez, je doute qu’il vaille cela.

TIUSÏAN LE UOUX 131

Et l’enfant mutin fit une moue de mépris tout en continuant de feuilleter son livre.

— Raison de plus pour que je ne compromette pas le peu qu’il en reste, fit le roi qui semblait avoir perdu l’habitude des irrévérencieuses interruptions d’Étienne.

— Si vous vouliez voir Jehanne, sire, vous seriez convaincu.

— Aussi ne veux-je pas la voir. Qui dit qu’elle n’est pas la créature du démon? C’est bien assez de perdre son royaume sans perdre encore son âme.

— Sire, nous croyez-vous dévoués à votre cause? demanda Novelompont.

— Oui, messieurs.

— Nous croyez-vous braves ?

— Certes.

— Nous croyez-vous dignes de foi?

— Assurément.

— Eh bien ! sire, voici ce que j’ai vu, de mes propres yeux vu. Lorsque Jehanne a été au moment de partir avec nous, on lui a amené le cheval dont ses compatriotes lui faisaient don, un superbe chevtil noir. Jamais Jehanne n’avait monté à cheval; quand elle a youIu se mettre en selle, l’animal s'est cabré de telle sorte, que moi, qui suis bon cavalier, sire, je n’aurais pu arriver à mettre le pied dans l’étrier.

— Eh bien?

— Eh bien! elle a dit : Menez ce cheval près de cette croix (et elle montrait une croix de pierre à l'entrée du chemin), et il se laissera monter aussi facilement qu’un agneau par un enfant. On a mefféle cheval où elle avait dit, et comme s’il eût été retenu par un invincible frein, il a courbé la tète et s’est laissé monter.

— Et moi, sire, ajouta Bertrand de Poulangy, j’ai assisté à un miracle non moins grand que celui que vient de raconter Jehan. A peine fûmes-nous en route, que les oiseaux des champs et des bois, qui par la neige qui était tombée, étaient privés de nourriture depuis la veille, accoururent autour de Jehanne comme pour lui demander du grain. Jehanne

alors, qui en avait fait provision dans sa chaumière, jeta du chenevis et du blé autour d’elle, et pendant une demi-heure nous fûmes accompagnés d'un cortège d’oiseaux qui, s’arrêtant enfin sur un arbre de la route, chantèrent un dernier adieu à Jehanne et retournèrent au village.

— Hasard que tout cela, messieurs, fit le roi; d’ailleurs, à l’heure qu’il est, nous n’avons plus besoin ni de Jehanne ni de personne. J’ai assez de sang et de guerres autour de moi. J’ai entamé des négociations avec le roi d’Angleterre àpro] os de la ville d’Orléans. Je demande qu’elle soit abandonnée au duc de Bourgogne, qui y mettra un gouverneur de son choix. De cette façon, la ville sera sauvée et nous serons tranquilles. Après tout, le duc de Bourgogne n’est pas un méchant liomme; il a voulu venger le meurtre de Jean-sans-Peur. C’est .assez juste, à vrai dire.

— 11 veut avoir Orléans maintenant, cela me paraît encore assez juste, fit Étienne avec ironie. D’ailleurs, cela plaît au La Trémouille, par conséquent cela doit plaire au roi...

— Étienne, Étienne, lit le roi avec colère, te tairas-tu? Le comte de la Trémouille estuu sujet dévoué, un ami loyal, un conseiller probe. J’entends que tout le monde le respecte ici, quand ce ne serait que parce qu’il m’a été donné par le connétable de Richemont qui se connaît en probité, lui.

Cela fut dit d’un air étrange.

— Est-ce pour cela que vous ne voulez plus voir le connétable, sire? continua Étienne.

— Assez! fit Charles VII d’une voix tellement impérieuse qu’Étienne se tut cette fois.

En ce moment, deux valets soulevèrent la tapisserie et crièrent :

— Le dîner du roi!

Un troisième valet entra, tenant d’une main un plat sur lequel était un poulet, et de l’autre un plat sur lequel figurait une queue de mouton.

— Ah! le pauvre dîner! fil Étienne en considérant les deux plats et en se penchant dessus. Je serais bien étonné si demain

le héraut criait du haut du perron : Le roi de France est mort d’indigestion hier.

Charles VII était devenu tout triste. k

— C'est vrai, dit-il, qui croirait jamais que le roiCharlesVH n’a pu inviter à dîner trois braves seigneurs qui lui faisaient visite. Vous le voyez, messieurs, voilà comment vit le roi.

— Heureusement, sire, fit Étienne en prenant place à table en face de Charles, heureusement que vous m’avez pour vous distraire et vous consoler, car sans moi je ne sais d’honneur ' pas ce que vous deviendriez.

— Je ne vous retiens plus, messieurs, fit le roi, allez prendre du repos et souper; vous le pouvez, vous* et revenez me voir demain.

— Et que dirons-nous à Jehanne, sire? demanda Olivier.

— Vous lui direz, messieurs, répondit Étienne, que l’irrésolution étant le caractère dominant du roi, il demande à réfléchir jusqu’à demain, pour savoir s’il la recevra.

— Non pas, messieurs, lit le roi d’un ton résolu, vous direz à Jehanne que je lui donnerai une escorte, et qu’elle retournera à son village quand elle sera reposée de sa route. En vérité, l’avenir rirait trop s’il savait que le roi de Frunce a pu donner créance un instant à de pareilles folies.

Les trois jeunes gens prirent congé du roi et le quittèrent. Comme ils descendaient assez honteux du peu de succès île leur démarche, une femme s’approcha d’ëux et leur dit :

— Est-ce vous, messieurs, qui avez amené à Chinon cette jeune fille de Vaucouleurs?

— Oui, répondirent les compagnons de Jehanne.

— Le roi consent-il à la recevoir? demanda cette femme.

— Non, et vous nous voyez tout tristes rie son refus.

— Eh bien ! messieurs, veuillez me suivre chez la reine, ma maltresse, et peut-être demain le roi aura-t-il changé de résolution, car l’avis de la reine, émerveillée des récils „ qu’on lui fait de Jehanne, est qu’il faut que le rui la reçoive.

— Allons, pensa Olivier, Dieu a décidôque le roi Ghailes Vil ne serait sauvé que par les fenimea.

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TRISTAN LE ROEX

Et les trois gentilshommes suivirent la messagère de Marie d’Anjou, la reine pieuse.

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