‹ Tristan le RouxChapitre 19 sur 33 · UN MIRACLE · texte numérisé non relu

UN MIRACLE

Le lendemain, le roi réunit tous ceux de la cour pour qu’ils eussent à se trouver le soir auprès de lui et à entendre Jehanne.

C’étaient La Trémouille, Charles de Bourbon, le comte de Vendôme, l’archevêque de Reims, Laliire, Xaintrailles, le frère Séguin, un des plus grands théologiens de l’époque, avec lequel Charles VII discutait souvent, et d’autres chevaliers et d’autres moines encore, plus savants et plus braves les uns que les autres.

— Vous voyez, madame, fit le roi en s’adressant à Marie d’Anjou, que la nuit a porté conseil et que j’ai fini par faire ce que vous demandiez.

La reine remercia Charles comme s’il elle eût ignoré la véritable cause de ses réflexions, et elle parut s’en attribuer tout le mérite.

— Sire, dit alors l’archevêque de Reims, il ne faut pas en cette occasion agir légèrement, et mon avis est qu’il faut questionner Jehanne de façon à la troubler et à lui faire avouer

sa sorcellerie, si elle n'est pas, comme elle le dit, l’envoyée du Seigneur. Si elle répond à toutes nos questions, la victoire n’en sera que plus complète et la vérité que plus évidente. Que pense de cela Votre Altesse?

— Que vous ferez bien de faire ainsi, répondit Charles Vil; puis se tournant vers le comte de Vendôme :

— Messire, lui dit-il, vous irez ce soir chercher vous-même Jehanne et l’amènerez ainsi que messire Olivier de Karnac, messire Jehan de Novelompont et messire Bertrand de Poulangy, qui l’accompagnent.

Le soir, quand tout le monde fut réuni et que le comte de Vendôme eut quitté la salle pour aller chercher Jehanne, La Trémouille dit au roi :

— Sire, il y aurait un moyen d’éprouver tout de suite s’il est vrai que cette tille ait le don de la divination.

— Quel moyen? demanda Charles VU.

— Que Votre Altesse se confonde avec les autres seigneurs, et qu’elle fasse asseoir sur son trône un de ses chevaliers.

— Vous peut-être, messire de La Trémouille? dit Étienne, qui se trouvait comme toujours à côté de Charles. Je ne sais pas pourquoi j’ai cette idée, que vous seriez content de vous asseoir sur le trône du roi.

La Trémouille ne répondit rien à cette raillerie du jeune homme, raillerie que le roi accueillit avec un sourire.

— En effet, reprit Charles, le moyen est bon, et la science de Jehanne n’en ressortira que mieux puisqu’elle ne m’a jamais vu, et que, pour venir à moi, elle sera forcée de me deviner. Ce sera donc vous, Messire, continua le roi en se toui" nant vers un des jeunes seigneurs de sa cour, qui vous mettrez à ma place ; car vous êtes du môme âge de moi, et vous êtes plus richement vêtu que je ne l’ai jamais été.

— Je suis aux ordres de Votre Altesse, répondit le jeune homme.

— Eh bien! prenez place tout de suite sur ce trône, et moi je vais me mêler à vous, messieurs.

A peine la substitution était-elle faite que la porte s’ouvrit et que Jehanne parut.

THISTAN LE HOUX

TJn grand silence accueillit sou entrée; mais la j ’une fille ne se déconcerta point au milieu de toute cette noblesse qu’elle voyait pour la première fois, et après s’ôtre inclinée avec toutes les marques du respect, elle marcha droit dans la direction de Charles VII.

Chacun s’écartait pour lui faire place, et elle arriva ainsi près du roi. Alors s’agenouillant devant lui :

— Dieu, lui dit-elle, vous donne bonne et longue vie, noble et gentil dauphin.

— Vous vous trompez, Jehanne, répondit le roi avec une émotion qu’il nepouvaitcacher, car l’épreuve était incontestable et la vérité resplendissait, ce n’est pas moi qui suis le roi, mais bien celui qui est assis sur le trône.

— Ah! ne cherchez point à me tromper, répondit Jehanne, car c’est bien vous qui êtes le dauphin et non un autre.

Alors un murmure d’étonnement et d’admiration courut dans l’assemblée.

— Gentil dauphin, reprit Jehanne, pourquoi ne me voulezvous point croire? Je vous dis, monseigneur, et vous pouvez faire foi en mes paroles, que Dieu a pitié de vous, de votre royaume et de votre peuple, car saint Louis et Gharlemagne sont à genoux devant lui, faisant prières pour Votre Altesse. D’ailleurs, je vous dirai, s’il vous plaît, telle chose qui vous prouvera bien que vous devez me croire.

— Et que me direz-vous, Jehanne? demanda le roi avec un reste d’incrédulité.

— Ce que j’ai à vous dire, monseigneur, répliqua la jeune fille, je ne puis le dire qu’à vous seul, car ce sont des choses si intimes que vous rougiriez de les entendre devant tous ces seigneurs qui nous écoutent. Veuillez passer avec moi dans votre oratoire et je vous le dirai.

Charles VII obéit et emmena Jehanne dans un oratoire qui se trouvait à côté de la salle où l’on était reuni.

— Eh bien! Jehanne, nous sommes seuls, fit le roi; parlez.

— Je le veux bien, monseigneur; mais lorsque je vous aurai dit des choses si secrètes qu’il n'y a que vous et Dieu qui

puissiez les savoir, croirez-vous en moi? Croiriez- vous que je sois l’envoyée de Dieu?

— Oui.

— Et vous me jurez, monseigneur, de faire ensuite tout ce que je vous dirai de faire?

— Oui, Jehanne. Seulement, ajouta le roi, il faudra que vous répondiez aux prêtres qui sont là et qui veulent vous interroger, ce que je leur ai promis de leur laisser faire.

— Soyez tranquille, monseigneur, je leur répondrai, et ils croiront. Mais c’est votre foi qu’il me faut, parce que c’est vous que Dieu m’a dit de convaincre.

— Eh bien! parlez, Jehanne, et je croirai si ce que vous me dites est vrai.

— Monseigneur, fît la jeune fille en regardant fixement le roi, le jour de la Toussaint dernière, vous souvenez-vous vous être enfermé dans votre oratoire/’

— Oui.

— Et avoir adressé à Dieu, non pas une prière ordinaire, mais une prière qui ne concernait que vous?

— En effet, répondit Charles, et vous pouvez me dire les mots de cette prière?

— Et je le ferai volontiers, mais quand vous m’aurez dit si vous avez révélé cette prière à quelqu’un.

— Je ne l’ai dite à personne qu’à Dieu.

— Il n’y a donc que Dieu qui ait pu me la dire. Eh bien! monseigneur, une pensée vous préoccupe continuellement, et cette pensée la voici : Vos ennemis disent que vous n’êtes pas le fils légitime du roi Charles VI, et vous en êtes arrivé, monseigneur, à en douter vous-même ; car, malheureusement, Dieu s’était retiré de la reine Isabelle, votre mère, et elle a oublié parfois la fidélité due à l’époux.

— C’est vrai, Jehanne, dit le roi en pâlissant, continuez.

— Eh bien! monseigneur, le jour de la Toussaint dernière, vous vous êtes agenouillé là où nous sommes, et vous avez adressé à Dieu ces trois requêtes :

« Seigneur, s’il est vrai que je ne sois pas le véritable héritier du royaume de France, ôtez-moi le courage de poursui-

vre cette guerre qui coûte tant d'or et de sang à mon pauvre royaume.

» Seigneur, si le terrible fléau qui s’appesantit sur la France procède de mes péchés, je vous supplie de relever mon pauvre peuple d’une faute qui n’est pas la sienne, et d’en faire retomber sur ma tête tout le châtiment, ce châtiment fût-il une pénitence éternelle ou même la mort.

» Seigneur, si au contraire le péché vient de mon peuple, je vous supplie d’avoir pitié de lui, et de le recevoir dans votre miséricorde, afin que le royaume sorte enfin des calamités où il est plongé depuis douze ans. »

— Tout cela est vrai, murmura le roi en regardant Jehanne avec étonnement, presque avec eflroi.

— Aussi, continua la jeune fille, Dieu, qui a entendu votre prière, l’a exaucée comme étant le vœu d’un cœur chrétien et d’un grand prince, et il m’a envoyée vers vous pour vous dire : Soyez sans crainte, monseigneur, et reprenez hardiment courage, car vous êtes bien l’héritier du roi Charles VI. Maintenant, monseigneur, rentrons dans la salle que nous venons de quitter, afin que tout le monde soit convaincu comme vous l’êtes.

Le roi et Jehanne rentrèrent dans la salle où la cour était réunie. Tous les yeux se tournèrent vers Charles, et chacun put voir, à la pâleur de son visage et à l’émotion de toute sa personne, que ce que venait de lui dire la jeune fille avait fait une profonde impression sur lui.

— Messieurs, dit le roi, il y a dans ce qui arrive un miracle évident. Cette jeune fille est bien réellement l’envoyée de Dieu.

Et, s’adressant à l’archevêque de Reims et à ses conseillers, il leur dit :

— Interrogez-la messieurs, et la vérité se fera pour vous comme pour moi.

L’archevêque questionna alors Jehanne sur son enfance, sur son pays, sur ses visions ; puis il lui dit :

— Vous nous avez promis, Jehanne de nous faire connaître la vérité de votre mission par un signe irrécusable. Quel est

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ce signe? Nous attendons qu’il se manifeste, et s’il est tel que vous nous le dites, nous sommes prêts à croire que vous êtes la véritable envoyée de Dieu.

— Agenouillez-vous tous, alors, fit Jehanne, et mettez-vous en prière comme moi.

Chacun s’agenouilla comme elle le voulait et elle dit d’une voix pleine de douceur et de foi, en joignant pieusement les mains :

— Mon très-doux Seigneur, je vous requiers en l’honneur de votre sainte passion, de permettre que le bienheureux archange Michel et les bienheureuses sainte Catherine et sainte Marguerite se manifestent à votre humble servante, s’il est toujours en votre intention que ce soit moi, pauvre fille, qui vienne en aide en votre nom au royaume de France.

A peine Jehanne eut-elle parlé, que le nuage s’abaissa, et que s’entr’ouvrantil laissa voir non-seulement ceux que la jeune fille venait d’invoquer, mais encore une foule d'autres anges qui battaient des ailes et chantaient les louanges du Seigneur.

— Bienheureux saint Michel, dit alors Jehanne baissant les yeux devant cette splendeur céleste, je vous ai appelé pour que vous donniez le signe à l’aide duquel je dois me faire reconnaître pour la véritable envoyée du Seigneur.

— Tu as foi en nous, Jehanne, dit la voix, et nous tiendrons la promesse que nous t’avons faite.

A ces mots, saint Michel fit un geste, et un ange, se détachant du chœur céleste, descendit en tenant à la main une couronne si resplendissante qu’à peine si des yeux humains en pouvaient supporter l’éclat.

— Voilà le signe promis, Jehanne, dit la voix, et quand les plus incrédules l’auront vu, à l’instant même ils cesseront de douter.

— Ainsi soit-il, dit Jehanne.

Alors le nuage se referma et remonta au ciel; mais l’ange qui portait la couronne resta sur la terre, et s’avançant vers le roi Charles VII, qui le voyant venir, se releva plein de surprise, il lui dit :

— Sire, je viens vous annoncer que vous ôtes en la grâce du Seigneur, qui vous envoie cette jeune fille pour la délivrance du royaume. Mettez-la donc hardiment â la besogne en lui donnant des gens d’armes en aussi grande quantité que vous en pourrez réunir; et en preuve qu’elle doit vous faire sacrer à Reims, voici la couronne céleste que le Seigneur notre Dieu vous envoie. Ne doutez donc plus, car douter encore ce serait offenser le Seigneur.

L’ange déposa la couronne devant le roi, et il disparut.

Chacun se releva émerveillé.

Quant à Jehan ne elle pleurait.

— Qu’avez-vous, Jehan ne? lui dit le roi.

— J’ai, monseigneur répondit-elle, que je voudrais bien suivre ce bel ange qui s’en va, car à compter d’aujourd’hui ma mission commence, et j’aurai beaucoup à souffrir sur cette terre.

— Pas tant que je vivrai, Jehanne, lui dit le roi.

— Peut-être, monseigneur, répondit la blanche fille en essuyant ses larmes.

— Messieurs, dit alors le roi à voix haute, Dieu nous protège et le ciel est pour nous. N’irritons pas le Seigneur par une plus longue hésitation. Jehanne se mettra en route quand bon lui semblera, et nous lui conférons dès à présent tous® nos pouvoirs, en lui donnant notre propre épée dont nous la prions de se servir .

— Merci, monseigneur, répondit Jehanne en s’inclinant, mais je ne puis me servir que d’uneépée, celle que l’on trouvera dans l’église Sainte-Catherine de Fierbois, sur le tombeau d’un vieux chevalier. Tels sont les ordres de mes voix, sire. On reconnaîtra cette épée aux fleurs-de-lis qui en ornent la poignée, et je la prendrai moi-même en me rendant à Blois, où nous nous réunirons pour aller porter à Orléans les vivres dont la fidèle ville a besoin, jusqu’à ce qu’il plaise à Dieu que j’en fasse lever le siège. Et maintenant, continuat-elle en se tournant vers le frère Séguin, veuillez écrire, mon frère, ce que je vais vous dicter, car moi je ne le pourrais faire, ne sachant écrire même mon nom.

Le frère Séguin prit le parti que tout le monde avait pris, celui d’obéir à Jehanne, et celle-ci lui dicta d’une voix ferme le message suivant :

« Jésus Maria , roi d’Angleterre, faites raison au roi du » ciel de son sang royal.

» Rendez à la Pucelle les clefs de toutes les bonnes villes r> que vous avez forcées; elle est venue de par Dieu pour » réclamer le sang royal, et est toute prête à faire paix si » vous voulez faire raison. Roi d’Angleterre, si vous ne faites » ainsi, je suis chef de guerre, et en quelque lieu que j’attei- » gne vos gens en France, je les en ferai sortir, qu’ils veuil- » lent ou non. S’ils veulent obéir, je les prendrai à merci; » mais s’ils ne veulent, la Pucelle vient pour les occire. Elle » vient de par le roi et le ciel, corps pour corps, vous chas- » ser hors de France, et vous certifie qu’elle fera si grand car- » nage, que depuis mille ans, en France, on n'en aura vu si » grand, si vous ne lui faites raison. Et croyez bien que le » roi du ciel lui enverra plus de force, à elle et à ses gens » d’armes, que vous n’en sauriez avoir à cent assauts. Entre » vous, archers, compagnons d’armes gentils et vaillants, » qui ôtes devant Orléans, allez-vous-en en votre pays, de » par Dieu; et si vous ne le faites ainsi, donnez-vous garde . » de la Pucelle, et il vous souviendra de vos dommages. Ne » croyez pas que vous tiendrez la France du roi du ciel, le » lils de Sainte Marie; mais la tiendra le roi Charles, le vrai » héritier à qui Dieu l’a donnée, et qui entrera à Paris en » belle compagnie. Si vous ne croyez pas les nouvelles de » Dieu et de la Pucelle, en quelque lieu que nous vous trou- » vions, nous frapperons sur vous à grands coups, et l’on » verra lesquels auront meilleur droit de Dieu ou de vous.

» Faites réponse si vous voulez faire paix à la cité d’Or- » léans, car la Pucelle vous requiert, duc de Bedfort, qui » vous dites régent de France pour le roi d’Angleterre, que » vous ne vous fassiez point détruire. Si vous ne lui faites » point raison, elle fera tant, que les Français feront le plus » beau Tait qui fût fait en la chrétienté. »

— Demain, dit Jehanne, quand elle eut fini de dicter cette

lettre, je donnerai cette lettre à l’un de mes hérauts pour qu’il la porte à Bedfort; nous attendrons ici la réponse du régent en faisant nos préparatifs de guerre, afin de ne point perdre de temps; et s’il refuse de quitter Orléans, nous nous mettrons en marche et le chasserons.

Puis elle signa ce message d’une croix, qui était à la fois la seule signature qu’elle pût faire et le signe de sa mission providentielle.

Cela fait, elle avança vers Lahire, Xaintrailles et tous ces braves chevaliers qui étaient là, et leur dit :

— Ne rougissez pas de me suivre, messieurs, car ce n’est pas à une femme, c’est au Seigneur que vous obéissez, et le Seigneur est le plus puissant roi du monde.

— Jehanne, répondit Lahire avec émotion, car c’était un brave cœur, ordonnez ce que bon vous semblera, car, de par Dieu, après ce que je viens de voir et d’entendre, je vous suivrai au bout du monde.

Tout le monde approuva les paroles de Lahire, et Jehanne, marchant alors vers la reine, mit un genou en terre et lui dit :

— Madame, c’est à vous que je dois d’avoir vu monseigeur le dauphin ; c’est à vous que la France devra d’être sauvée.

— Vous savez donc?... fit Marie d’Anjou.

— Je sais, continua Jehanne plus bas et avec un regard que la reine seule pouvait comprendre, je sais ce que vous avez consenti à faire pour le bien du royaume; mais je sais aussi que Dieu vous aime et qu’il récompense dans le ciel ceux qui ont souffert dans ce monde.

La reine embrassa Jehanne au front, et le roi dit à la jeune fille dont il n’avait pu entendre les dernières paroles :

— Vous pouvez vous retirer, Jehanne, car vous devez avoir besoin de repos. Dès demain, je vous donnerai l’état d’un chef de guerre, c’est-à-dire un écuyer, un page, deux hérauts et un chapelain.

— Merci, monseigneur, dit Jehanne. Et elle se retira au milieu des félicitations de tous ceux qui étaient là, et surtout du duc d’Alençon, lequel venait d’être forcé, pour payer sa

rançon aux Anglais qui l’avaient fait prisonnier, de vendre sa seigneurie de Gourges, à laquelle il tenait tant, qu’il pleurait presque quand il la vendit :

— Agnès avait raison, fit le roi en regardant Jehanne s’éloigner.

— Allons, voilà une femme qui va vous faire riche et puissant, sire, dit Étienne en s’approchant du roi; cela fera que nous ne nous en tiendrons plus aux poulets et aux queues de mouton.

Au même moment de grands cris arrivaient jusqu’au roi. C’était le peuple de Chinon, qui, informé par la femme de maître Rabatheau de la mission de la jeune fille, était venu l'attendre à sa sortie de chez le roi, et, apprenant le miracle qu’elle venait de faire, la reconduisait à la lueur des torches et l’accompagnait de ses acclamations.

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