‹ Tristram Shandy et le Voyage sentimental traduits de l'anglais. Nouv. éd. précédée de le vie de SterneChapitre 111 sur 197 · TRISTRAM 8HANDY · texte numérisé non relu

TRISTRAM 8HANDY

— Je crois, dit mon oncle Tobie, que la procréation (les entants est bien aussi utile au monde que la découverte des moyens de déterminer les longitudes en mer.

— 11 est certain, dit ma mère, que l'amour entretient la paix dans le monde.

— Et qu'il la détruit dans les familles, s'écria mon père.

— C'est lui qui peuple la terre, dit ma mère.

— Et qui dépeuple le ciel, dit mon père.

— C'est la virginité, dit Slop d'un air triomphant, qui peuple le paradis.

— Propos de nonne, >. répliqua mon père.

CHîVPlTUE GGGXVII.

Chacun va se couclier.

Mon père, dans toutes les disputes, avait un genre d'escarmouche si tranchant, si aigre, si peu ménagé, poussant à droite, sabrant à gauche, et tombant sur tout le monde indistinctement, que, s'il y avait vingt personnes dans un cercle, en moins d'une demi-heure il était sûr de les avoir toutes contre lui. Ce qui ne contribuait pas peu à le laisser ainsi sans alliés, c'est que, s'il y avait un poste tout à t'ait intenable, c'est là ({u'il allait se jeter. Mais il faut lui rendre justice : une fois qu'il y était établi, il s'y défendait si vaillanunent, que tout brave et galant homme ne l'en voyait chasser qu'avec peine.

Aussi Yorick en l'attaquant, ce qui lui arrivait souvent, se gardait bien d'employer toute sa force.

Mais la remaniue du docteur Slop sur les vierges, à la lin du dernier chapitre, avait rangé Yorick du coté démon père; et il commenvaiL à détjoler le pauvre doc-

Page 1