CHAPITRE CCGXXII
Il hcsilc.
« Elle ne peut pas, caporal, dit mon oncle Tobie taisant halte quand ils t'urcmt à vin^t pas de la porte de mistriss Wadman, elle ne peut pas s'en offenser.
— Non plus, dit le caporal, que la veuve du juif à J^isbonne ne s'offensa de la visite de mon frère Thomas.
— Et comment la prit-elle? dit mon oncle Tobie se retournant vers le caporal.
— Monsieur connaît, ré pli (|ua le caporal, les malheurs de Tom ; mais ceci n'y a aucun rapport : sinon que si le pauvre Tom n'avait pas épousé la veuve, ou si Dieu eût permis qu'après leur mariage ils n'eussent mis dans leurs saucisses que de la chair de porc, le malheureux n'aurait pas été enlevé dans son lit et traîné à l'inquisition. C'est une €;pouvantable chose que l'inquisition, ajouta le caporal; quand une fois un pauvre homme y est renfermé, monsieur sait bien que c'est pour .sa vie.
— Hélas! oui, dit mon oncle Tobie d'un air rêveur, et 'les yeux fixés sur la porte de la veuve Wad-
j man.
— Et qu'y a-t-il d'aussi affreux cpi'une éternelle prison? qu'y a-t-il d'aussi doux que la liberté?
— Rien au monde, Trini, dit mon oncle Tobie toujours d'un air rêveur.
— - Tant qu'un homme est libre!... )> s'écriel le caporal.
TUISTRAM SHANDy
Et en môme temps il lit avec son bâton le moulinet par-dessus sa tête, à peu près en cette manière ;
Un million de syllogismes les plus subtils de mon père n'en aurait pas dit davantage en faveur du célibat.
Mon oncle Tobie jeta un regard pensif vers sa chaumière et son boulingrin.
Le caporal, avec sa baguette, avait imprudemment évoqué l'esprit de calcul : il se dépêcha de le conjurer, en poursuivant son histoire en manière d'exorcisme^ lequel ne se trouve dans aucun rituel que je connaisse.
TRISTKAM SilANDY ^217