CHAPITRE GCGXLI
Ne t'en fie qu'à toi seul.
Mistriss Brigitte avait engagé tout le petit tonds d'honneur que peut avoir une soubrette, (ju'elle saurait tout le détail de l'affaire avant qu'il fût huit jours; et elle se fondait sur une supposition qui était en soi très-probable. « Trim, avait-elle dit, ne manciuera pas de me faire sa cour, tandis que le capitaine fera la sienne à madame ; et je le traiterai de sorte qu'il me
dira tout. »
L'amitié a deux vêtements, l'un de dessus et l'autre de dessous. Brigitte servait les intérêts de sa maîtresse avec l'un, et faisait la chose qui lui plaisait le plus avec l'autre. Le diable lui-même n'aurait pas en plus beau
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jeu qu'elle à s'assurer de la blessure de mon oncle ïobie.
Pour mistriss Wadman, elle n'avait qu'un moyen, mais il était sûr. De sorte que (sans rejeter l'offre de Brigitte, ni mépriser ses talents) elle se détermina à jouer son jeu elle-même.
Elle n'avait pas besoin de tout son talent. Un entant aurait trompé mon oncle Tobie au jeu. Il connaissait à peine les cartes, et laissait voir son jeu tant qu'on voulait. Le pauvre homme vint se livrer lui-même à la veuve en se plaçant sur son sopha, mais tellement sans défense et sans défiance, qu'un cœur généreux aurait rougi d'en abuser.
Mais quittons la métaphore.