‹ Tristram Shandy et le Voyage sentimental traduits de l'anglais. Nouv. éd. précédée de le vie de SterneChapitre 90 sur 197 · CHAPITRE CGXGVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE CGXGVI

Diatriho contre l'amour.

C'est ce qui montre (que la robe et l'Église en disent tout ce qu'elles voudront ; qu'elles en disent ; . . . car, quant k penser, tout ce qui pense, pense à peu près de même sur cet article et sur bien d'autres), c'est ce qui montre, dis-je, que l'amour est certainement (au moins alphabétiquement parlant) l'affaire de la vie la plus

A gitante,

la plus B izarre,

la plus C onfuse,

la plus D iabolique;

et de toutes les passions humaines, la passion la plus

E xtravagante, la plus F antasque, la plus G rossière, la plus H onteuse,

la plus I nconséquente (le K manque), et la plus L unatique;

et en môme temps la chose la plus.

M isérable, la plus N iaise, la plus 0 iseuse, la plus P uérile, la plus Q uinteuse, la plus S urannée, et la plus R idicule;

quoique, dans la règle, l'R eût dû marcher avant l'S

156 TRISTRA.M SîlANDY

En tin, c'est une chose telle, que mon père, à la fin d'une longue dissertation sur ce sujet, disait un jour à mon oncle Tobie :

« Vous ne sauriez jamais, frère ïobie, combiner deux idées sur cette matière sans faire une hypallage.

— Eh ! bon Dieu ! qu'est-ce qu'une hypallage ? s'écria mon oncle Tobie.

— C'est mettre la charrue devant les bœufs, dit mon père.

— Et que peuvent-ils faire dans cette posture? s'écria mon oncle Tobie.

— Ou bien aller en avant, dit mon père, ou bien se tenir en repos. »

Or je vous ai déjà dit que la veuve Wadman ne voulait faire ni l'un ni l'autre.

Elle se tint cependant harnachée et caparaçonnée de tout point, pour guetter une occasion favorable.

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