‹ Tristram Shandy et le Voyage sentimental traduits de l'anglais. Nouv. éd. précédée de le vie de SterneChapitre 99 sur 197 · TRI8TRAM SHANDY · texte numérisé non relu

TRI8TRAM SHANDY

lin le quairièino (loi^^t ot puis le pouce vinrent se placer à coté des autres, et alors elle me gratta avec toute sa main. Je n'ose plus rien dire sur les mains depuis que monsieur m'a plaisanté; mais, en vérité, cellelà était plus douce (jue du satin.

— Vante-la tant qu'il te plaira, ïrim, dit mon oncle Tobie, je t'assure que je t'écoute avec le plus grand plaisir. »

Le caporal remercia son maître ; mais, n'ayant rien de nouveau à dire sur la main de la béguine, il en vint à ses effets.

« La belle béguine, dit le caporal, continua de me gratter avec toute sa main au-dessous du genou. Je craignis à la fm que son zèle ne vint à la fatiguer.

« Bon Dieu! dit-elle, fen ferais mille fois plus pour Vamour de Jésus-Christ. »

En disant cela, elle glissa sa main par-dessous la flanelle jusqu'au-dessus du genou, où j'avais senti aussi de la démangeaison , et là elle recommença à gratter.

Je commençai alors à m'apercevoir tout de bon que je devenais amoureux.

Gomme elle continuait à gratter, je sentis l'amour qui, de dessous sa main, se répandait dans toutes les parties de mon corps.

Plus elle grattait, plus ses grattements étaient prolongés, et plus le feu s'allumait dans mes veines; jusqu'à ce qu'enfin, deux ou trois grattements ayant duré plus longtemps que les autres, mon amour se trouva à son comble. Je saisis sa main...

— Eh bien! Trim, dit mon oncle Tobie, tu la portas à tes lèvres, et tu fis ta déclaration?... ^^

Il importe peu de savoir si les amours de Trim se terminèrent précisément de la manière que mon oncle

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Tobie avait imaginw. Il suffit qu'on y trouve l'essence de tous les amours de romans qui- aient jamais été écrits depuis le commencement du monde.

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