‹ Trois ages, suite en fin de l'Antoniade: Poème érèmitiqueChapitre 22 sur 41 · UO · texte numérisé non relu

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Bombleni ;ivec Satan travailler de concert

Pour fermer à l'amour l'asile du désert !

L'Eglise d'Amérique , infatigable Marthe ,

Des grands chemins publics ne veut pas qu'on s'écarte !

La chaste Solitude , en abritant les cœurs ,

Contre un siècle grossier et de charnels moqueurs ,

N'a plus pour l'exalter l'éloquence des Pères :

Les Chrétiens d'aujourd'hui sont des hommes d affaires !

En cessant d'être/oif«, comme ceux d'autrefois ,

Ils suivent sagement la raison de la Croix ;

Et jugeant du Passé la folie acimirahle ,

Ils ont pris du Présent la sagesse imitable !

Aujourd'hui , l'Evangile est mieux interprété

Par l'esprit éclairé de la majorité ;

Le bon sens de ce Siècle éndnemment pratique ,

Condamne les rigueurs de la Règle Ascétique !

L'Age socialiste a crié : Vœ Soli !

Et l'esprit solitaire est enfin aboli !

On appelle dyscole , indocile , excentrique ,

Morose et misanthrope , étrange et fanatique ,

L'humble et grave croyant , l'enfant pâle et rêveur

Qui suit l'étroit sentier où marcha le Sauveur ;

Qui , pleurant sur les maux dont s'alarme l'Eglise ,

Sous le poids des douleurs sent son cœur qui se brise ;

Et des vices fuyant le spectacle affligeant ,

Maudit ce siècle athée , esclave de l'argent ! —

Quand un esprit d'éhté , au choc d'un grand orage, Manque d'un calme asile , il sombre et fait naufrage ! D'un chrétien , que le cloître eût vu rasséréné , Je fais un apostat , un rebelle effréné !

J'engendre avec l'orgueil cette mélancolie , D'où naît le désespoir qui mène à la folie ; Et liant dans le mal les âmes par les sens , J'étouflfe la pudeur et les remords naissants !

Pasteurs d'Amérique , où sont vos regards d'aigles ? Qu'est devenu pour vous l'esprit des saintes règles ? Etes- vous endormis , n'êtes vous plus jaloux Des mystiques agneaux que ravissent les loups? Ah ! je gagne, en ces jours , tous ceux que perd l'Eglise ; Je les aveugle , exalte , enivre et magnétise ; J'offre à leur soif ardente , à leur avidité Le décevant espoir d'un breuvage enchanté ; Et l'Eglise est témoin que mes sombres phalanges Font prévaloir encor des doctrines étranges ; Et que l'Américain , au vol transcendantal , Fuit le séjour des sens pour le séjour astral ! . . .

Actif Episcopat , aveugle Sacerdoce .

Xon , tu n'as pas compris ce noble enfant précoce ,

Relié tant à la fois , en ses libres instincts ,

Tout l'héroïque esprit des grands peuples éteints !

Non , tu n'as pas copipris ce grand peuple d'élite ,

De vingt peuples choisis enfant cosmopolite ;

Et dans ta lâcheté , désespérant de lui ,

Tu le vois , en pleurant , ma victime aujourd'hui !

Des bords de l'Atlantique aux bords du Pacifique ,

De Partridge et Brittan la presse prolifique ,

Sous des formats brillants , office aux lecteurs ravis

Les visions d'Harris, les rêves de Davis I

Poète somniloque , extatique Voyante

Explorent sans effroi ma sphère illuminante ;

Et pleins d'illusions et d'espoirs séduisants ,

A l'ombre des Esprits, s'enchaînent par les sens I . .

" Venez , venez à moi , natures exaltées , ' Par le monde et l'EgUse à la fois rejetées : ' La Magie ouvre un ciel d'extatiques ardeurs , ' Un Eden nuptial rayonnant de splendeurs I

* Venez , venez à moi , soujQfrantes sensitives ,

' Lys arrosés de pleurs , âmes contemplatives :

* L'Eglise n'a pour vous aucun abri claustral ;

' Moi , pour vous abriter , j'ai mon grand CïeZ Aaiflral ! ^ En échappant au joug de la froide routine , ' Qui semble changer l'âme en vulgaire machine ,

* Venez vous retremper aux sources de l'amour ,

* Dans l'azur étoile d'un magique séjour I —

* L'Enfer n'existe pas , l'Enfer est un mensonge ;

* Par delà le tombeau, le bonheur se prolonge;

' L'esprit , le cœur , les sens doivent s'épanouir ; ' Ici-bas et là-haut, l'homme est fait pour jouir I ' Vers mon Eden béni , montez de sphère en sphère ;

* Suivez l'Ange amoureux à travers la lumière ;

* Voyez briller au ciel le nuptial flambeau :

' Le ciel seul est certain , puisque seul il est beau I — "

C'est ainsi qu'attirant les folles Agapies\ L'essaim voluptueux des mystiques impies , Aux plus honteux excès de la corruption Je donne tout l'attrait d'une religion!

Séduites chaque jour , combien de jeunes filles , Combien de médiums , au sein de leurs familles Apportent le venin qu'inocule l'Enfer , Prêtresses des autels où monte Lucifer I — C'est le culte animal , la chair déifiée ; C'est l'esprit dégradé , l'âme crucifiée ; C'est de l'humanité l'ignoble abaissement ; C'est l'abîme sans fond d'un fol aveuglement ! — Qu'en ces jours la Magie a fait tourner de têtes I Vains jouets des Esprits , que les hommes sont bêtes ! Par le fluide astral envahis , obsédés , Que ce grand siècle a vu surgir de farfadets !

Les crédules humains . en doutant de l'Egfise j Ecoutent l'insensé , qui rêve et prophétise ; Sourds à la voix de Dieu qui part du Vatican . Ils écoutent l'oracle inspiré par Satan I Le mensonge est si doux , la vérité si dure , La grâce est si contraire à l'infirme nature , Que tout prophète impie , harmonieux menteur , Trouve un facile accès pour aller droit au cœur !

Gœthe , Bailey , Soumet , Byron et Lamartine y Vous dominez le monde , et moi je vous domine ! Jocelyn , Faust , Manfred , Festus , Idaméel , Le blasphème a par vous escaladé le Ciel !

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