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Bombleni ;ivec Satan travailler de concert
Pour fermer à l'amour l'asile du désert !
L'Eglise d'Amérique , infatigable Marthe ,
Des grands chemins publics ne veut pas qu'on s'écarte !
La chaste Solitude , en abritant les cœurs ,
Contre un siècle grossier et de charnels moqueurs ,
N'a plus pour l'exalter l'éloquence des Pères :
Les Chrétiens d'aujourd'hui sont des hommes d affaires !
En cessant d'être/oif«, comme ceux d'autrefois ,
Ils suivent sagement la raison de la Croix ;
Et jugeant du Passé la folie acimirahle ,
Ils ont pris du Présent la sagesse imitable !
Aujourd'hui , l'Evangile est mieux interprété
Par l'esprit éclairé de la majorité ;
Le bon sens de ce Siècle éndnemment pratique ,
Condamne les rigueurs de la Règle Ascétique !
L'Age socialiste a crié : Vœ Soli !
Et l'esprit solitaire est enfin aboli !
On appelle dyscole , indocile , excentrique ,
Morose et misanthrope , étrange et fanatique ,
L'humble et grave croyant , l'enfant pâle et rêveur
Qui suit l'étroit sentier où marcha le Sauveur ;
Qui , pleurant sur les maux dont s'alarme l'Eglise ,
Sous le poids des douleurs sent son cœur qui se brise ;
Et des vices fuyant le spectacle affligeant ,
Maudit ce siècle athée , esclave de l'argent ! —
Quand un esprit d'éhté , au choc d'un grand orage, Manque d'un calme asile , il sombre et fait naufrage ! D'un chrétien , que le cloître eût vu rasséréné , Je fais un apostat , un rebelle effréné !
J'engendre avec l'orgueil cette mélancolie , D'où naît le désespoir qui mène à la folie ; Et liant dans le mal les âmes par les sens , J'étouflfe la pudeur et les remords naissants !
Pasteurs d'Amérique , où sont vos regards d'aigles ? Qu'est devenu pour vous l'esprit des saintes règles ? Etes- vous endormis , n'êtes vous plus jaloux Des mystiques agneaux que ravissent les loups? Ah ! je gagne, en ces jours , tous ceux que perd l'Eglise ; Je les aveugle , exalte , enivre et magnétise ; J'offre à leur soif ardente , à leur avidité Le décevant espoir d'un breuvage enchanté ; Et l'Eglise est témoin que mes sombres phalanges Font prévaloir encor des doctrines étranges ; Et que l'Américain , au vol transcendantal , Fuit le séjour des sens pour le séjour astral ! . . .
Actif Episcopat , aveugle Sacerdoce .
Xon , tu n'as pas compris ce noble enfant précoce ,
Relié tant à la fois , en ses libres instincts ,
Tout l'héroïque esprit des grands peuples éteints !
Non , tu n'as pas copipris ce grand peuple d'élite ,
De vingt peuples choisis enfant cosmopolite ;
Et dans ta lâcheté , désespérant de lui ,
Tu le vois , en pleurant , ma victime aujourd'hui !
Des bords de l'Atlantique aux bords du Pacifique ,
De Partridge et Brittan la presse prolifique ,
Sous des formats brillants , office aux lecteurs ravis
Les visions d'Harris, les rêves de Davis I
Poète somniloque , extatique Voyante
Explorent sans effroi ma sphère illuminante ;
Et pleins d'illusions et d'espoirs séduisants ,
A l'ombre des Esprits, s'enchaînent par les sens I . .
" Venez , venez à moi , natures exaltées , ' Par le monde et l'EgUse à la fois rejetées : ' La Magie ouvre un ciel d'extatiques ardeurs , ' Un Eden nuptial rayonnant de splendeurs I
* Venez , venez à moi , soujQfrantes sensitives ,
' Lys arrosés de pleurs , âmes contemplatives :
* L'Eglise n'a pour vous aucun abri claustral ;
' Moi , pour vous abriter , j'ai mon grand CïeZ Aaiflral ! ^ En échappant au joug de la froide routine , ' Qui semble changer l'âme en vulgaire machine ,
* Venez vous retremper aux sources de l'amour ,
* Dans l'azur étoile d'un magique séjour I —
* L'Enfer n'existe pas , l'Enfer est un mensonge ;
* Par delà le tombeau, le bonheur se prolonge;
' L'esprit , le cœur , les sens doivent s'épanouir ; ' Ici-bas et là-haut, l'homme est fait pour jouir I ' Vers mon Eden béni , montez de sphère en sphère ;
* Suivez l'Ange amoureux à travers la lumière ;
* Voyez briller au ciel le nuptial flambeau :
' Le ciel seul est certain , puisque seul il est beau I — "
C'est ainsi qu'attirant les folles Agapies\ L'essaim voluptueux des mystiques impies , Aux plus honteux excès de la corruption Je donne tout l'attrait d'une religion!
Séduites chaque jour , combien de jeunes filles , Combien de médiums , au sein de leurs familles Apportent le venin qu'inocule l'Enfer , Prêtresses des autels où monte Lucifer I — C'est le culte animal , la chair déifiée ; C'est l'esprit dégradé , l'âme crucifiée ; C'est de l'humanité l'ignoble abaissement ; C'est l'abîme sans fond d'un fol aveuglement ! — Qu'en ces jours la Magie a fait tourner de têtes I Vains jouets des Esprits , que les hommes sont bêtes ! Par le fluide astral envahis , obsédés , Que ce grand siècle a vu surgir de farfadets !
Les crédules humains . en doutant de l'Egfise j Ecoutent l'insensé , qui rêve et prophétise ; Sourds à la voix de Dieu qui part du Vatican . Ils écoutent l'oracle inspiré par Satan I Le mensonge est si doux , la vérité si dure , La grâce est si contraire à l'infirme nature , Que tout prophète impie , harmonieux menteur , Trouve un facile accès pour aller droit au cœur !
Gœthe , Bailey , Soumet , Byron et Lamartine y Vous dominez le monde , et moi je vous domine ! Jocelyn , Faust , Manfred , Festus , Idaméel , Le blasphème a par vous escaladé le Ciel !