DÉDICACE
Vierge Iroquolge-Algonqulne.
La fleur dans le désert , la fleur dans la prairie, Sans que pour la cueillir une main l'ait flétrie , Ainsi qu'un encensoir , au rayon matinal , Exhale son parfum suave et virginal.
Tégahgouïta, douce Fleur Indigène, En ta vie et ta mort, austèreraent chrétienne ; Toi , dont le cœur sans tache , en sa sérénité, Fut ébloui du lys de la virginité ; Toi dont l'âme a compris , a force d'être pure , Cette vertu de l'ange , — effroi de la nature ; — Dont l'âme , avant la foi , par instinct a compris De la virginité l'évangélique prix , Vertu qui , dans son vol , au ciel emportant l'ftme , En la couronnant reine , angélise la femme I bonne Catherine , ô Tégahgouïta , Geneviève du Nord , que le ciel écouta ; Qui pris Dieu pour époux , à lui seul consacrée , Et qui mourus d'amour et d'extase enivrée I O vierge solitaire , enfant de nos déserts , Comme un frère à sa sœur , je t'offre ici mes vers ; Ces vers , où j'ai chanté la vie érémétique , A toi je les dédie ; — oui , ce livre mystique , Ecrit dans le désert , où Dieu te visita , Je t'en fais l'humble offrande , ô Tégahgouïta ! Abrite sous ton aile , ô vierge d'Amérique , Contre un vulgaire esprit , mon poème ascétique ; Et fais que dans quelque âme , épouse de la Croix , Ton héroïque amour renaisse au fond des bois ;
(ni)
Fais que prie à Fécart , aidant sa sœur active , Marie , en son repos , humble Contemplative , Et que le ciel fléchi par son austérité , Jette un regard clément sur ce siècle agité !
Autrefois, jeune encore , en chantant les savaiieb , — La Muse me dicta quelques notes profanes ; Pour elle, en sa candeur, le monde gracieux, Les choses de la terre avaient l'éclat des cieux : Mais depuis , à genoux dans la divine enceinte , Elle a reçu l'étole avec l'onction sainte; Et par le sacerdoce attachée au Seigneur , Son amour en lui seul a trouvé le bonheur ; Craintive en son espoir, avec inquiétude Elle aborde les lieux où vit la multitude ; Et quand son cœur s'exhale en de pieux concerts , C'est toujours , loin du siècle , au fond des grands déserts ; Semblable au wMp-poor-wiïï , harmonieux ermite, A l'ombre des forêts , elle prie et médite , Et veillant avec lui , sous l'azur étoile , Sent descendre l'extase en son cœur isolé ; Dans le calme profond et l'ardente prière , Son esprit en silence et s'enflamme et s'éclaire ; Consacrée à jamais par un vœu solennel, La paix est dans son âme , et son âme est au ciel î Pour elle la douleur a son intime ivresse ; Elle puise la joie au fond de la tristesse ; Et dans la solitude , unie à son époux , En le possédant seul , sympathise avec tous ]