‹ Trois ages, suite en fin de l'Antoniade: Poème érèmitiqueChapitre 26 sur 41 · PRIERE · texte numérisé non relu

PRIERE

à marie: IMMACUIiÉB.

Vierge , pleine de grâce , entre toutes bénie ,

Egide de la foi , bouclier du génie ;

Toi par qui sur la terre arrivent tous les dons ,

L'intarissable flot des célestes pardons ;

Vierge , type idéal de la femme angélique ,

Objet immaculé d'un culte hyperdulique ,

Lys royal qu'on vit naître à l'ombre du saint-lieu ,

Marie , Eve sauveur , fille et mère de Dieu !

Marie , ô douce Keine , ô la clémence même ,

J'inscris ton nom suave au seuil de mon poème ;

J'implore, à mon début , ton virginal concours ;

Du fleuve de mes vers , forme et guide le cours.

Pour appeler sur moi ton i égard qui protège ,

Je pose un front brûlant sur tes deux pieds de neige !

Du feu , pris sur l'autel , touche ma lèvre en feu ,

Et dans l'homme embrasé répands l'esprit de Dieu I

Pour qu'il puisse enfanter son poème ascétique ,

Change mon cœur terrestre en un cœur sérapUique ;

Ecarte de mes yeux le voile de l'orgueil ,

Et fais luire une étoile à chaque sombre écueil ;

Sur moi, comme au début, au bout de ma carrière,

Du haut de la Patrie , épanche ta lumière :

Eclairé des rayons d'un céleste flambeau ,

Que j'exprime le Vrai , sous la forme du Beau ;

Qu^un même esprit d'amour règne en tout mon ouvrage ,

Et consacré par toi , qu'il résiste à notre Age !

Sur la femme livrée au froid serpent du mal , Laisse tomber du ciel ton voile virginal !

Viens relever ton sexe, en créant la famille; En repeuplant le cloître , où la chasteté brille ; Où s'exhale l'encens de toutes les vertus , — L'encens de la prière et des pleurs répandus I Par d'angéhques vœux , viens relever la femme ; Soumets son corps esclave au sceptre de son âme ; Et , reine en sa faiblesse , humble en sa royauté , Que sa puissance éclate en sa virginité; Que le temple rayonne aux splendeurs de sa vie , Et qu'au joug de Dieu seul elle soit asservie I Sur ton sexe, aujourd'hui scandale universel, Mère du pur amour , laisse tomber du ciel Ton long voile , emperlé de divine rosée ; Et consacre, à l'écart, la fe^nme angéliséel

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