‹ Trois ages, suite en fin de l'Antoniade: Poème érèmitiqueChapitre 39 sur 41 · LA SOLITUDE RELIGIEUSE · texte numérisé non relu

LA SOLITUDE RELIGIEUSE

Amérique , salut I — Je bénis tes climats ;

De tes fils au désert je viens guider les pas ;

Je viens aax cœurs fervents préparer des retraites ,

Ouvrir la Thébaïde à tes anachorètes !

Saintement orgueilleuse , un jour , en m'écriant : —

L'Occident est plus riche en fruits que l'Orient I —

Avec toi je lirai , sous la voûte azurée ,

De tes milliers de saints la Légende Dorée !

Amérique , salut I — Je viens a toi ; je viens ,

Pour mon règne nouveau , choisir parmi les tiens ....

Et toi, Premier Ermite, humble et chaste poète, Austère enfant des bois , toi qui fus mon prophète ; Toi , dent le cœur cocstant a su me pressentir; Toi qui , dans ton amour , me chantais en martyr : Sois béni , mon élu I ton épreuve s'achève ; Tu vas réaliôer ton prophétique rêve I L'heure approche où la gloire , aux ombres succédant , Jettera son éclat sur l'immense Occident !

Tu verras par l'amour les retraites tranquilles , Les déserts se peupler, en dépeuplant les villes ; Les déserts luire encor, sous mon règne plus pur , D'autant d'astres que l'Ange en sème dans l'azur I

De l'Amérique en fleur , salut , Premier Ermite ,

Ascète pionnier , Antoine Calybite I

Au nom du Beau , du Bien et de la Vérité ,

Contre un siècle avili ta voix â protesté :

Ah I qu'importe à ton cœur sa haine ou sa vengeance ,

Son injustice hostile ou son indifférence ?

N'as-tu pas , pour charmer tes sentiers lumineux ,

Les fleurs , les chants d'oiseaux , les bruits harmonieux ,

Tout ce que la Nature , en sa beauté mystique

A de grâce attrayante et d'amour sympathique ?

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