V7 ) SECOND BARDE
Effrayés, tous les rois de l'Europe, Au sourd bruit des révolutions , Murmurent le sinistre horoscope De la plus jeune des Nations !
Ils rêvent d'arrêter l'Amérique , D'arrêter l'impétueux géant , Sur qui plane l'Aigle prophétique , Qui lui crie : En avant /. en avant !
Qu'ils arrêtent l'élan du génie :
Le Saint qu'entraîne l'Esprit de Dieu ; ïiC barde inspiré , dont l'harmonie Soulève des tourbillons de feu !
Qu'ils arrêtent, dans sa course ardente , Le soleil illuminant le ciel ; Qu'ils arrêtent la foudre éiîlatante , Où tonne la voix de l'Etemel !
Qu'ils arrêtent le fleuve sauvage , Dont les flots , poussés vers l'Océan , Arrachant les arbres du rivage , Orondent sous l'aile de l'ouragan !
Qu'ils arrêtent , au bord de l'abîme, Les grandes eaux du Niagara , Qui , dans leur diapason sublime , Exaltent le nom de Jéhova ! —
Ils rêvent I ô rêve chimérique !
Dominant le flot des factieux ,
L'Ange gardien de l'Amérique
Sans s'émouvoir, plane dans les cieux!
Etendant ses ailes tutélaires , Il défendra les Etats-Unis Des agitations populaires, Et de l'esprit fiévreux des partis !
La République sera bénie , Malgré la haine des potentats; Et par l'Union et Tharmonie Grandiront les trente-trois Etats.
Oui, malgré l'Angleterre et la France , Malgré toute l'Europe et ses rois , Sur son front l'astre de l'espérance Brillera des splendeurs de la Croix !
Amérique , 6 ma patrie , Dans ce grand siècle agité , N'es-tu pas l'Arche chérie Ouverte à l'humanité ?
N'oflfres-tu pas tes savanes , Tes forêts et tes vallons , Aux nombieuses caravanes De toutes les nations ?
N'as-tu pas des champs fertiles , Entre tes deux océans , Pour servir toujours d'asiles A cent peuples d'émigrants ? . . . .
Au progrès , à la science , Ouvre tes bras maternels ; A l'âme , à la conscience , Rends tous ses droits éternels !
Sous ta céleste bannière , Abrite la Liberté , Et sois TArche hospitalière De toute l'humanité !