‹ Trois ans à la cour de PerseChapitre 18 sur 60 · NAGARAKHANK KT CANON DES PERLES · texte numérisé non relu

NAGARAKHANK KT CANON DES PERLES

2/ oâobre. — Durant les dix premiers jours de moharrem, le premier mois de l'année persane, il y a aussi des tai^iés en ville, & qui se terminent par des scènes de vraie sauvagerie. Des bandes d'énergumènes, après avoir assisté à ces représentations, parcourent les rues en se tailladant la tête, le haut du corps découvert et criant : ya Hossein! (o Hossein!), jusqu'à cxtin6lion de voix. Pareilles scènes se produisent même dans toute la Perse, particulièrement le dixième jour, achoura, qui

est le jour anniversaire de la mort de Hossein. Mais il importe d'ajouter que, si des fanatiques se rencontrent parmi ces forcenés, il s'y trouve en bien plus grand nombre, si ce n'est exclusivement, des pauvres diables payés par le haut clergé qui, préoccupé de son prestige, exploite ces aâes d'exaltation religieuse, sincère ou de commande.

p oâobre, — Les palais qui servent de résidence d'hiver au souverain sont, de même que le Takié-Dovleh, contenus dans l'Ark, forteresse habitée dès le début de son règne par Aga Mohammed, le fondateur de la dynastie des Kadjars. Se trouvant là en sûreté, non loin de la montagne & sur la route de son pays d'origine, Astérabad, qu'il pouvait promptement gagner en cas de danger, il fit de ce lieu la capitale de la Perse, & la ville moderne s'est bâtie autour de la forteresse.

L'Ark forme au milieu de Téhéran un reélangle asse2 régulier, orienté nord-sud dans sa plus grande étendue. Il est compris entre la rue Mèrizkhanè (de l'hôpital) & le Meïdan-Topkhanè (place des remises à canons), au nord, les rues Djebbékhanè, au sud, Nasérié, à l'est, & Djellilabad, à l'ouest. Les rues Almasié (des diamants) & Naïeb-es-Saltaneh, celle-ci se continuant par le Meïdan-Ark (place de l'Ark), le traversent du nord au sud, & la rue de l'Anderoun, de l'est à l'ouest.

Des portes monumentales {sardar)y gardées par quelques soldats, sont à l'entrée de ces rues 5 fermées, elles isolent l'Ark au milieu de la ville. L'une de ces portes, celle qui donne accès au Meïdan-Ark, offre cette particularité que son balakhanè sert de Nagharakhanè (maison de réjouissance). Là, matin & soir, des musiciens & des danseurs attitrés viennent saluer le lever & le coucher du soleil 5 c'est une antique cérémonie des adorateurs du feu, une survivance de la religion de Zoroastre. Il est probable que les airs joués par ces musiciens, transmis de génération en génération, n'ont pas changé depuis les temps les plus reculés, pas plus que leurs instruments : tambours, hautbois

TEHERAN.

& longues trompettes de cuivre semblables à celles dont on tirait des sons lugubres au tazié.

Sur le Meïdan-Ark, place intérieure de TArk aussi appelée Mcïdan-Chah (place royale), se trouve le Top i Morvari (canon des perles), qui jouit du singulier privilège d'être considéré comme befî (asile) au même titre que les mosquées & les écuries royales!*).

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