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LA PLACB DES CANONS BT LA VILLE MODEUNE, SOUS LA NEIGE

terre a fait tous les frais. Cette enceinte a la forme d'un o<flogone irrégulier, ou mieux d'un carré avec quatre pans couf)és, exaftement orienté du nord au sud ik de Test à l'ouest par ses côtés, qui sont percés de douze portes, c'est-à-dire de trois portes chacun, à l'exception du côté septentrional qui n'en a que deux, la troisième, celle de C>himran, se trouvant au pan coupé du nord -est. Toutes ces portes {dfwaseh)^ aux arcades élevées, aux tourelles élancées, aux appliques de faïences (l^ar/j/) multi-

lyo TROIS ANS A LA COUR DE PERSE.

colores, ont entre elles beaucoup de ressemblance. La ville est loin d'emplir son enceinte : de tous les côtés, d'immenses jardins clos, des terrains vagues étendus, des champs cultivés & des vignes, sans compter les cimetières, occupent l'espace entre les dernières maisons & les remparts.

Le Meïdan-Topkhanè, place des Remises à canons, communément place des Canons, au nord de l'Ark, peut être considéré comme la place centrale de Téhéran. De ses six grandes portes, dont les deux plus remarquables sont du côté de l'Ark, partent vers les quatre points cardinaux six larges rues, la plupart bordées d'arbres au pied desquels coule un ruisseau d'eau vive, une bonne partie de l'année, pendant la saison tempéra. Ce sont : au nord, les rues Emin-es-Sultan & de Lalèzar, qui traversent le quartier neuf; au sud, les rues Almasié & Nasérié, qui conduisent à l'Ark, aux ba2ars & dans les vieux quartiers $ à l'est, la rue du Ga2, par laquelle on va, soit à la porte de Chimran, soit à la gare du chemin de fer de Chahzadè-Abdul- A2im; à l'ouest, la rue Mèrizkhanè, que l'on prend pour gagner la porte de Ka^vin & le chemin de l'Europe.

On peut dire que la place des Canons, prolongée par la rue de l'Hôpital, d'un côté, & par la rue du Ga2, de l'autre, sépare les vieux quartiers de Téhéran du quartier neuf. Ce dernier s'étend au nord sur une large superficie. Il se distingue par ses belles rues bien tracées, par ses parcs & ses vastes jardins, par ses nombreux palais, enfin par les hôtels des légations étrangères qui tous s'y trouvent, sauf l'hôtel de la légation de Russie, situé à l'extrémité de la rue du Gaz, du côté de la vieille ville. Partant de la place des Canons & suivant alternativement les deux longues trouées que l'on a devant soi, on rencontre : le palais du premier ministre & le jardin de Lalèzarj les légations européennes & des Etats-Unis 5 l'ambassade de Turquie; le palais, & ses dépendances, du ministre des beaux-arts, Djehanghir Khan, & l'immense jardin d'Emin es-Sultan. Revenant sur ses pas 6c se dirigeant vers l'est par la rue Seïf-ed-Dovleh, on arrive

TEHERAN.

à la place de Nagarestan, où se trouvent le palais de même nom & celui de Mouchir ed-Dovleh avec ses vastes jardins, assez étendus pour que la grande mosquée du Sepeh Salar ait pu s'y élever sans qu'il y paraisse trop. A peu de distance, en retour vers Lalèzar par la rue à l'angle sud-ouest de la place, est le palais du chahzadè Zel es-Sultan, qui a en outre un parc plus au nord, près des fortifications, non loin du parc d'Emin ed-Dovleh.

MOSQIIE DU SEPKII SAL\R.

Quittant la place de Nagarestan, si Ton prend la rue Nézamié, on rencontre : à gauche, la mosquée du Sepeh Salar, puis la modeste maison de mon ami Etcmad es-Saltanch, qui vit là en sage au milieu de ses livres 5 à droite, un ancien cimetière, après lequel on est dans la rue du Gaz, à deux pas de la légation de Russie.

Le Meïdan-Markch, immense terrain de manœuvres entouré de murs, où les troupes sont habituellement exercées & sont

quelquefois passées en revue par le chah, est aussi compris dans le quartier neuf. A peine est-on sorti par la porte ouest de la place des Canons & s'est-on engagé dans la rue Mèri2khanè, que Ton a l'entrée du Champ de Mars à sa droite.

La rue Almasié, par laquelle on pénètre dans TArk, & la me Nasérié, aussi nommée rue Chems-ol-Amaret, qui s'ouvrent l'une & l'autre au sud du Meïdan-Topkhanè, donnent accès aux vieux quartiers, à la partie de la ville purement persane. Id, les mes étroites, tortueuses & grouillantes d'un monde pas toujours propre. Ici, la saleté sous tous ses aspeéb, surtout si, dépassant le BaJïar, on va jusqu'à la place des Exécutions pour revenir par la place aux Chevaux & le quartier des Juifs, Mèhdlè i Yahoudi, qu'il est difficile de traverser sans en emporter une odeur écœurante & tenace de matières en décomposition.

Le quartier du Ba^ar, Mèhellè i Bajzar, s'étend au sud & au sud-est de TArk, offirant cette particularité d'avoir ses rues recouvertes de voûtes percées d'ouvertures de distance en distance, ce qui les met à l'abri du brûlant soleil de l'été & des intempéries de l'hiver, sans les priver tout à fait de lumière & d'air. Aussi, en tout temps & à toute heure du jour, du lever au coucher du soleil, une foule compare se presse dans les rues du Ba2ar, malgré les interminables files de chameaux & de mulets, plus ou moins chargés de marchandises, qui passent & repassent continuellement.

L'entrée principale est rue Djebbékhanè. Elle laisse pénétrer sur une petite place, le Schz i Meïdan, que l'étranger fera bien de ne pas dépasser sans guide, s'il ne veut pas s'égarer dans le dédale inextricable des rues du Ba^ar. Ce n'est pas que des artères larges, fongues & assez droites ne puissent servir de points de repère 5 mais comment se reconnaître dans cette cohue, parmi tous ces carrefours & toutes ces impasses? Une grande voie, par exemple, passe près de la mosquée Royale, la Mesdjed-Chah, ëc se dirige ensuite à l'est après avoir, aux deux tiers de son parcours, envoyé un très long prolongement vers le nord, jus-

TEHERAN.

qu'à la rue du Gaz, en laissant le palais d'Emin cd-l)ovlch à droite & la légation de Russie à gauche. Seulement, de chaque côté de cette voie, à chaque pas del30uchcnt un nombre infini de rues secondaires, qui se subdivisent elles-mêmes & aboutissent tantôt à de petites places, tantôt à des cours de caravansérails, plantées d'arbres & encombrées de ballots déposés par les caravanes, où l'on se trouve désorienté.

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