‹ Trois ans à la cour de PerseChapitre 29 sur 60 · K\SR I K\I>J\R · texte numérisé non relu

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Ainsi, dans un moment si critique, alors qu'il semble facile de pousser le roi à la répression, sa réelle affection pour la France l'a emporté sur les conseils de gens malveillants 6i Ta fait revenir sans hésiter sur sa décision primitive.

12 juin. — C'est vraiment dans de mauvaises conditions que nous nous mettons en route. Puisse le calme se rétablir pendant notre absence !

Nous voici de nouveau à Sahabkranié, peut-être un peu plus nombreux que l'an passé. Les événements qui se passent à Téhéran ont engagé bien des gens à se joindre à nous, les uns par peur, les autres afin de donner à leur souverain une preuve de leur attachement dévoué. Cette année, j'ai planté mes tentes au-dessous de celles du premier ministre, tout près des murs du palais, à Test des jardins, sur un terrain aride & caillouteux, d'où la vue s'étend au loin. Je vois : devant moi, Roustemabad & Saltanetabad, la Poudrerie & la Monnaie, Kasr i Kadjar, Echrctabad, Téhéran où se distinguent la mosquée du Sepch Salar & le Takié avec ses arceaux, enfin la plaine que termine un horizon de montagnes 5 à ma gauche, Dochântcpè ik le Dakhmeh (tour du silence), cimetière guèbre juché sur un monticule faisant partie d'un chaînon qui vient mourir à Test de Chahzadè-Abdul-Azim, à Rey, l'antique Rhagès de l'Ecriture ik la patrie du célèbre médecin Abou Bekr.

Chahzadè-Abdul-Azim est une petite ville située à environ 2 farsakhs au sud-est de Téhéran. Un chemin de fer — l'unique de la Perse — y transporte, le vendredi, une foule de Téhéranis, hommes, femmes & enfants, qui vont passer leur joumcc autour de la mosquée au dôme doré qui sert de sépulture à Abdul Azim, fils d'imam Mou2a. Sa Majesté s'y rend souvent aussi ce jour-là, faire ses dévotions à la mosquée, lieu de pèlerinage de tout temps fréquenté, & même asile renommé, inviolable pour les plus grands criminels.

On peut voir à quelque distance de ce tombeau, près de la fontaine d'Ali, Tchèchmè i Ali, un bas-relief assez semblable à la peinture du palais de Nagarestan, qui représente Feth Ali Chah sur son trône, entouré de Ses fils, barbus comme lui.

Rey n'est plus guère qu'un vaste espace couvert de ruines, entre Chahzadè- Abdul -Azim ik la montagne. De cette cité, qui a été longtemps la capitale de l'Iran, qui a passé pour la plus peuplée 6c la plus riche de toute l'Asie, qui comptait encore près d'un million d'habitants au commencement du xiir siècle.

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quand Gengis Khan la détruisit de fond en comble, de cette cité il ne reste que deux tours, dont l'une a été réparée dernièrement par ordre de Nasr ed-Din, 6c dont l'autre, plus petite, est à moitié démolie. La tour restaurée est en briques cuites;

M()S<il'KK I)K (.HAIIZADK-ABDfl.-AZIM.

les murs en sont creusés extérieurement de cannelures à rainure anguleuse montant du sol à la trise, où elles se terminent en quatre petites voussures superposées d'un joli effet, formant à l'édifice un couronnement léger.

La moindre fouille sur ce sol de décombres amène presque toujours quelque découverte intéressante. Je possède plusieurs vases en terre ardoisée ik des briques hexagonales intaèles, à

reflets métalliques, qui proviennent de ces fouilles que chacun pratique un peu trop librement, au hasard & sans méthode.

Plus à l'est encore, sur le versant septentrional du chaînon à l'extrémité duquel s'étendent les ruines de Rey, s'aperçoit de loin la tour du Silence, dont les murs blancs se détachent sur le fond noir de la montagne.

En haut de cette tour, dans des compartiments maçonnés sur le sol, ouverts & à l'air libre, les guèbrcs exposent les cadavres de leurs morts, qui se momifient au soleil ou deviennent la pâture des oiseaux de proie, naturellement toujours en grand nombre dans ces parages, afin que, selon les préceptes de la religion de Zoroastre, leur décomposition ne puisse être une cause de souillure de l'eau.

Il existe adluellement peu d'adorateurs du feu, en Perse :

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on compte à peine huit mille fidèles de cette ancienne religion de rirân. Ils habitent Yczd pour la plupart. Leur dernier chef religieux, Manoukdji, mort récemment, résidait à TeTiéran, où ils ont une école, au coin des rues Il-Khani & Zeïr-ed-Dovleh, dans le quartier neuf. Paisibles citoyens, ils ont une réputation d'excellents jardiniers.

MKNOIKDJI, KT LE TABI.KAU RKPl.EShNTAN T SA Rl.C.KPTION ()l-H(.IELI.f A SON ARRIVEE A TEHERAN.

20 juin. — Orages avec pluie deviennent presque quotidiens; & comme il neige ou grcle ordinairement dans la montagne lorsqu'il pleut ici, la température a baissé de façon sensible, surtout la nuit.

Les nouvelles de l'intérieur ne sont pas meilleures qu'à notre départ de TeTiéran. La question des tabacs se complique même d'une mauvaise récolte. On dit que des manifestations ont eu lieu à Yezd &: que des babis auraient été exécutés. Vraies ou

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fausses, ces nouvelles n entretiennent pas moins un état particulier dont les effets se font sentir dans l'entourage du chah. L'inquiétude est. sur tous les visages. Chacun est plus que jamais réservé dans ses paroles, tant est grande la crainte d'être soupçonné de paéliser avec les mécontents. Le premier ministre est très entouré. Des hommes comme Mouchir ed-Dovleh, Etemad es-Saltaneh & d'autres, que j'étais habitué à ne voir que rarement, pour ne pas dire jamais, chez Emin es-Sultan, lui font une cour assidue.

2^ juin, — En revenant de se promener à Saltanetabad, le roi a traversé mon campement. ((\^us êtes au sec», m'a-t-il dit d'un ton railleur. Il ne s'est pas trompé. Ce ne sont que cailloux autour de moi 5 mes domestiques ont mis deux jours à en débarrasser l'intérieur des tentes. Si encore c'était le seul inconvénient 5 mais, dès que vient la nuit, des tarentules grosses comme des souris circulent 5 attirées par ma lumière, elles arrivent sur moi au pas de course, & je ne puis les éviter qu'en tenant les pieds au-dessus du sol sur les traverses de ma table. J'en fais chaque soir une hécatombe, & chaque soir j'en revois autant. «Vous avez beaucoup de chaises», a ajouté Sa Majesté. Quant à cela, je ne trouve pas. Mes trois pliants ne méritent point cet éloge — ou cette critique. Tout en étant peu encombrants, ill me suffisent. Il est vrai que pour un Persan, qui ne se sert jamais ni de table ni de chaise, c'est beaucoup, c'est même trop. La chaise est un luxe que se permettent seuls les Persans appelés à recevoir des étrangers, quand ils se piquent de connaître les usages européens.

24 juin. — Grand dîner chez Etemad es-Saltaneh, en l'honneur d'Emin es-Sultan. Décidément mon ami a fait la paix avec le premier ministre. Toutefois, je ne puis penser que ce soit d'une façon tout à fait désintéressée. Je suis des invités. Ces dîners d'hommes, & d'hommes qui s'observent les uns les

autres & pèsent leurs paroles, comme c'est le cas aujourd'hui entre ces ennemis de la veille, ces dîners n'ont rien d'attrayant. Mais comment ne pas admirer avec quelle adresse, avec quel art ik en même temps avec quel naturel le Mouchir fait sa cour au grand ministre. Je ne m'en serais pas aperçu plus tôt,

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que cette joumcc m'aurait fourni assez d'occasions de voir combien les Persans sont dissimules, fourbes ik flatteurs, & avec quelle impudence ils mentent. Le dîner a été suivi de jeux, & les convives ne se sont retires qu'après un goûter scr\'i vers cinq heures.

Au commencement du printemps, le roi avait projeté d'entreprendre un voyage à Chiraz en automne; il en avait même

déjà fait établir les frais par le ministre des finances, Emin el- Moulk, qui devait tenir prêts les fonds nécessaires. Le bruit court qu'il renonce définitivement à ce voyage & le remplacera par quelque partie de chasse au Mazenderan.

D'après les uns, le chah céderait à la peur & n'oserait pas affronter le mécontentement de la population; d'après les autres, il agirait par avarice, en reculant devant la dépense, qui, supportée d'habitude par les parties du pays parcourues, pourrait lui incomber cette fois. Pourquoi ne pas supposer aussi que, connaissant les effets terribles des disettes dans son royaume. Sa Majesté, eu égard à l'insuffisance de la récolte, ne veut pas aggraver la situation.^ Et il y aurait lieu de l'en féliciter. Mais la médisance ik la calomnie sont de mode. Signe des temps! Car comment expliquer autrement ces appréciations malveillantes de courtisans, d'habitude si réservés, & tout aussi habiles dans l'art de feindre qu'à distiller le venin de la flatterie?

2 j juin. — Cet après-midi, Kz\z es-Sultan a invité à chasser avec lui un des jeunes fils du roi. Manidjeh — ou plutôt son père — ne doute plus de rien. La présence de ce gamin malpropre & volontaire n'est pas faite pour rehausser le prestige du chah; tout le monde la désapprouve, & moi-même je ne puis m'empêcher de relever le contraste que présente ce petit monstre, aux yeux chassieux, avec les charmants enfents de Sa Majesté, sur lesquels seraient mieux placées les marques d'affeftion qu'elle prodigue à un si indigne favori.

lyjnin. — Un fils vient de naître au roi. L'heureuse mère est la nièce de mon opérée de Tan dernier, jeune femme de vingt-quatre ans, déjà mère d'une fille de sept ans. De temps à autre, il naît ainsi un enfant à l'anderoun. Sous ce rapport néanmoins, même avec un plus grand nombre de femmes, Nasr cd-Din ne saurait se comparer à son aïeul Feth Ali Chah, d'illustre renommée.

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^0 Juin. — \feici qu'une nouvelle affaire se greffe sur les autres. La jeune Katty Grcenfield, âgée de dix-sept ans, a été enlevée récemment par un chef kurde. Elle est la fille d'un ancien consul d'Angleterre, mort dans le pays en laissant des propriétés dont jouit sa femme, & qui ne sont pas tout à fait étrangères à l'enlèvement. Katty s'est en outre empressée de se faire musulmane, dans l'espoir d'être moins inquiétée. Le résultat est tout autre : sur les plaintes de sa mère, la légation d'An-

CAMPFMKNT DMLIVTS, Al' L\K.

gletcrre vient d'adresser au chah des réclamations qui ne laissent pas de le contrarier. Il donne l'ordre que la jeune fille soit rendue par son ravisseur <S:, au besoin, retirée de chez lui de vive force, qu'ensuite on instruise TaiTairc, afin qu'il en soit décidé selon toute justice.

4 juillet.^ — I^ roi me fait de nouveau cadeau d'un cheval, en me recommandant de l'accompagner dans ses déplacements & de ne pas le quitter pendant la route. Il est certain qu'il a

l'esprit frappé par les nouvelles qui lui arrivent de différentes villes, où l'agitation continue.

y juillet. — Nous nous déplaçons d'un demi-farsakh à peine, pour aller camper à Lachkarak, dans une gorge étroite, sur la rivière. Cent cinquante femmes de l'anderoun sont avec nous, parmi lesquelles Emin Agdas, l'aveugle, qui fait preuve d'une grande énergie, voulant tenir sa place jusqu'au bout. Comme toujours, il faut qu'elle se distingue des autres. Elle part isolément, avec fracas. Toutes les femmes, sans en excepter Anisch ed-Dovleh, sont à cheval 5 elle & ses servantes sont dans cinq voitures, escortées d'une cinquantaine de cavaliers, & im chatcr du roi se tient contre la portière de son coupé, quelle que soit l'allure des chevaux, — tout cet équipage pour une route de 2 kilomètres!

8 juillet. — Pendant environ 3 farsakhs, nous suivons la première partie du chemin parcouru l'an passé; seulement, au Ueu d'aller à Lavassan, nous prenons à droite un chemin qui nous conduit plus à l'est, à Tcharbagh, joli site au milieu de champs étages le long d'un torrent.

p juillet. — En 1890, nous sommes allés direâement de Lavassan au Lar. Cette année, après avoir monté pendant trois bonnes heures par d'horribles chemins, nous campons à Filzamin, fin de vallée dominée de 300 à 400 mètres par des collines. Pas la moindre place convenable pour installer une tente de quelque dimension. La tente du chah & celles de l'anderoun occupent le sommet d'un monticule, les autres sont dans un lit de torrent à peu près sec.

10 juillet. Une montée d'à peine une heure, & nous descendons sur le plateau du Lar, que nous traversons pendant une heure encore, avant en face de nous le Demavend, avant

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d'arriver à Siahpelas, notre second campement de l'année dernière dans ces parages.

Le plateau & les coteaux qui le bordent sont plus verts cette année, grâce aux orages qui se sont succédé presque sans interruption jusqu'à ce jour.

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j 2 juillet. — La grcle, que vient de nous laisser un violent orage, couvre tout de son manteau blanc.

Les nouveaux époux n'auront pas chaud sous le bedjltt (chambre du mariage). En effet, deux jeunes Iliats de nos voisins se marient, & leur «chambre nuptiale» est déjà préparée. I^ hedjlet est une sorte de tente faite à l'aide de tapis à double face (gnilim, le dourouyé àcs Turcs), suspendus liés à quatre bâtons; des cordes, fixées d'un bout à l'extrémité libre des bâtons ik de l'autre à de grosses pierres, maintiennent le tout tant bien que mal; un simple tapis, des plus ordinaires.

est étalé sur le sol. C'est sous cet abri improvisé que la promise, entourée de ses parents, attend son fiancé, & c'est là aussi que sera consommé le mariage.

I) juillet. — Les orages, réellement par trop fi-équents,ont rendu notre campement intenable. Le sol est détrempé jusque sous nos tentes; mais que dire de celle du chah, qui est à cheval sur la rivière. Je ne sais, en vérité, comment font pour y tenir ces cent & quelques femmes entassées dans une vingtaine de tentes qu elles ne quittent que les jours de route. Il leur faut une accoutumance extraordinaire pour résister. Le chah, lui, est toujours en mouvement, & chacun de nous est fort heureusement un peu obligé de le suivre, qu'il s'agisse de simples promenades ou de chasses. Ces exercices sont un excellent correâif aux mauvais effets du campement. Il est vrai que, cette année, le temps n'est guère propice aux chasseurs § s'il n'y a pas pénurie de gibier, la pluie est assez gênante. Nous chassons quand même. Sa Majesté poursuit bouquetins & mouflons $ quant à moi, je vais retrouver les cailles des hautes herbes •du fond de la plaine

Le roi & le premier ministre n'en ont pas moins l'un & l'autre, ce matin, un léger mouvement fébrile, dont je profite pour hasarder le conseil de déplacer le camp. Je suis écouté : les tentes sont transportées une centaine de mètres plus haut, sur un terrain un peu plus sec, présentant une légère déclivité qui permet l'écoulement des eaux pluviales.

ly juillet. — Fête du Kourban Baïram. Nous quittons enfin Siahpelas qui, outre les inconvénients de l'humidité du sol, est aujourd'hui souillé par les hécatombes de moutons immolés en souvenir du sacrifice d'Abraham. Ce n'est pas que nous allions bien loin, car Yartkhan-Larkhan, notre nouveau campement, est au confluent du Siahpelas-Roud & du Lar-Roud, à un demi-farsakh.

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Il fait un vent d'est violent & glacial. Comme l'an dernier, à pareille époque, les nuits sont froides, & la température du jour, qui est de 14 degrés à huit heures du matin, ne dépasse guère 22 degrés aux heures les plus chaudes.

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20 juillet. - Deux singulières revues. Le chah s'est fait amener mille à dou^e cents juments qu'il laisse vivre tout l'été en liberté dans les pâturages du Demavend. Toutes, poussées par leurs gardiens, ont défilé devant nous aux allures les plus désordonnées, sur la rive gauche du Lar-Roud qui nous en séparait. Il y a de belles bctes, des tvpes arabes ik des tvpes du Khorassan très purs.

Emin es-Sultan, de son côté, a passé en revue les milliers de chameaux & de mulets du train de Sa Majesté; ils lui ont

été présentés par son jeune frère, Sahabdjân, qui en a la charge. Les mulets sont remarquables. Les chameaux ont Tair moins vigoureux; beaucoup semblent jeunes pour le service qu'ils font; aussi en laissons-nous tout le long des routes.

21 juillet, — Nous venons camper à l'extrémité occidentale du plateau du Lar, non loin de la route d'Avché, au pied de la forte montée.

Pour ravoir la jeune Katty Greenfield, il a fallu envoyer des troupes bloquer Soujbolak, où elle était retenue par son ravisseur. Elle a été enfin rendue & mise en lieu sûr, jusqu'à ce que la justice se soit prononcée sur son cas. Les Anglais sont satisfaits. Quant au chah, il ne doit pas être fâché d'avoir un souci de moins.

22 juillet. — Suivant la même route que l'an passé, nous traversons Avché &: nous nous arrêtons, pour la nuit, de nouveau à Golendohck, cette fois au village même, à un petit farsakh en amont du pont. La moisson n'est pas faite, & Ton ne sait où poser sa tente, sans compter que la chaleur est étouffante au fond de cette cuvette.

2^ juillet. — Nous remontons le Djadj-Roud sans abandonner la rive droite, à travers une vallée étroite dominée par de hautes montagnes, sur les flancs desquelles des affleurements ferrugineux se voient fréquemment. Le torrent fait grand bruit, car la pente est forte & de nombreux rochers éboulés des parois gênent son cours. A part une montée un peu raide, mais courte, la route est assez bonne pour des cavaliers. Les coteaux sont partout d'une nudité désolante. La rencontre de deux oasis de verdure repose agréablement la vue. (x sont deux villages, l'un à droite & l'autre à gauche du chemin, qui disparaissent au milieu de platanes, de peupliers, de saules, de jujubiers ik autres arbres vigoureux. Il en est de même du village où

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nous campons, Ochân, dont les jardins, étales de chaque côté de la rivière, font plaisir à voir.

24 juillet. — Feu d'artifice à 10 heures du soir, heure par trop insolite en Perse; car les Persans sont ordinairement plus pressés, si pressés même qu'ils ne peuvent attendre la fin du jour. Pourquoi ce retard .^ Le mulet porteur des pièces ne fait

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