HM-TT. DANS I.»EI.BOURZ
Notre campement de Siah biche, à près de 2,000 mètres, est fort pittoresque. Il couvre un monticule qui sort de profonds ravins, de l'autre côte desquels s'élèvent de hautes montagnes aux coteaux verdoyants & aux sommets de calcaire d'un ton chaud du plus bel effet. La pluie, qui tombe tout l'aprèsmidi, se charge de mettre un frein à notre admiration. Je plains ceux dont les tentes ne sont pas encore dressées. Mais je n'ai
pas réserve trop de mes plaintes pour les femmes de landeroun qui nous suivent, une centaine environ. Elles arrivent à trois heures, il faut voir en quel état! Leurs vêtements de coton, toujours empesés & bouffents, sont flasques & collants, tout en formant de nombreuses rigoles d'où l'eau coule comme d'autant de gouttières.
^ août. — Pluie toute la nuit dernière. Aujourd'hui, du matin au soir, brouillard épais qui mouille comme la pluie 5 & s'il fait mauvais dehors, il ne fait pas meilleur sous la tente, où, avec une température de 14 degrés, chacun se plaint du froid. Ce temps de brouillard serait habituel dans ces contrées à cette époque 5 il succède aux chaleurs & ne prend fin qu'aux froids de l'hiver.
Nous ne trouvons rien à manger, ni pour nous, ni pour nos chevaux. Les pauvres bêtes ont brouté autour d'elles tout ce que la longueur de leur corde d'attache leur a permis d'atteindre, elles ont mangé jusqu'à la racine les herbes qu elles avaient d'abord foulées aux pieds en piétinant d'impatience, dans l'attente de leur orge quotidienne.
J'entends éclater des fusées. Amusement de Manidjeh. Il veut voir l'effet qu'elles produisent par le brouillard, & en même temps annoncer sa présence à Siahbiché.
4 août. — Même état du ciel : brouillards d'une densité rare ou pluie. Le chah, si obstiné de sa nature, renonce à aller plus loin. Nous retournons sur nos pas. Il ne me sera point donné de tirer les faisans sauvages de Kelardècht.
Toutefois, le retour n'a pas été décidé sans que des informations eussent été prises sur la possibilité ou l'impossibilité de continuer; des explorateurs ont même été envoyés à une grande distance. Ils ont été unanimes à rapporter que la route de Kelardècht était impraticable. Du reste, tous les chameaux sont restés en route, beaucoup ont péri 5 bon nombre de mulets
LES MAISONS DE PLAISANCE
sont blessés & hors de service; si bien que les. bagages ne pourront être ramenés à Cherestanek qu'en deux fois. Que serait-ce si nous allions plus loin?
Cet état de choses nécessite une nouvelle répartition des mulets. Il en résulte que le nombre des miens est réduit de moitié, qu'il m'en est envoyé sept au lieu de quatorze. Je fais