II. Chron., XXVI, 23. — Benjamin de Tudèle
plaise aux cicérones hiérosolymitains ; une visite rapide au bel établissement des protestants, avec son cimetière sur la croupe du Sion, et je rentre haletant à mon gîte.
Mosquées d'EsSakhra et d'El-Aqsa, anciennement temple de Salomon et église de la Présentation.
Visiter la mosquée d'Omar, tel est le rêve de tout voyageur en Palestine ; son désir est d'autant plus grand qu'il sent le fruit défendu. Que de démarches n'entreprend-il pas pour obtenir cette autorisation? Et, lorsqu'il en reconnaît l'inutilité, que de fois ne passet-il pas devant la porte, espérant au moins pouvoir pénétrer sur l'esplanade ! Il apprend alors que la garde veille et repousse, souvent même brutalement, tout audacieux infidèle
qui s'aventure à jeter un coup d*œil indiscret sur le temple sacré. Quelques privilégiés, il est \Tai, jouirent d'entrées de faveur, mais c*était dans le bon temps, sous la sage, ferme et bienveillante administration du plus aimable des gouverneurs, de Kiamil-Pacha, qui eut le mérite de rendre la province heureuse et de faire regretter son départ parles musulmans et par les chrétiens. Voyageurs désappointés, si vous l'aviez connu comme nous tous, vous l'auriez aimé, et comme moi vous auriez pénétré dans le Sanctus Sanctorum.
Mais enfin, puisque votre étoile ne vous a pas favorisés, je vais vous faire le récit de tout ce que l'on y voit, de ce que j'y ai vu, et même des traditions que j'ai pu y recueillir.
Après la ruine de Jérusalem par Titus, le temple de Salomon ne fut pas relevé malgré la ferveur de l'impératrice Hélène, malgré les ordres de l'empereur Julien ^ ; mais dès que le calife Omar se fut emparé delà ville sainte, sa première pensée fut de retrouver la pierre