‹ Trois ans en JudéeChapitre 74 sur 119 · Joseph y Àntiq.j livre VIII, chap. n · texte numérisé non relu

Joseph y Àntiq.j livre VIII, chap. n

à venir en char, et où Roboam son fils b&tit une ville du même nom ^ Nous avons vu les eaux, au fond de la vallée; cette plaque de verdure qui ressort si vigoureusement au centre d'un cirque de collines rouges et dénudées , voici les jardins. Quelques arbres fruitiers, quelques carrés de légumes ont remplacé les merveilles de YHortv^ conclusus; deux ou trois huttes forment le hameau à'Ortas; une maison blanche, un peu moins piteuse, voilà le palais et les ch&teaux ; quant à Salomon, il a pour successeur un Anglo-Américain, qui, épris de cette situation, est venu s'y établir, il y a quelques années.

Et toujours longeant l'aqueduc, j'atteignis Beitléhem, l'Ephrata de la Genèse • ville prédestinée d'où sortirent David et le Christ •.

Situé sur une colline élevée, ce bourg fer^ liU laisse à l'œil curieux un vaste amphithéâtre à explorer ; sur le premier plan les champs étages en terrasses étalant leurs vignes vigou-

1. II Parai., XI, 6. — 2. Genèse, XXXV, 19. - 3. 1 Rois, XVI, 1. — XX, 6. — Michée, V, 2. — Matth. ,11, 1, 6; Luc, II, 4.

rcuses et leurs figom*s aa lai^ feuillage ; à droite, le mont des Français, facile à distinguer à son cône pointu; àgaudie, la Yille sainte; enfin à ThcHrizon, les montagnes bleuâtres d'Hébron, de Moab ^ de la mer Morte.

Beitlébem a une physionomie plus animée que celle des autres villages ; cependant la principale industrie des habitants consiste uniquement à préparer deschapelets pourkspèkrinsouà graversurlanacredes sujetsdepiété.

Le costume des Beitléhémitaines attira mon attention; leur corps enfermé dans un étui de coton bleu, dont le plastron, ordinairement en soie rouge, est terminé par un feston jaune, des anneaux d'argent ou de cuivre enlaçant leurs bras et leurs jambes aux couleurs chaudes, aux formes sculpturales, donnent à leur tournure dégagée une physionomie particulière ; leur coiffure n*est pas la partie la moins originale de leur accoutrement ; elle consiste en une espèce de corbeille à fruits renversée, dont les anses seraient pleines et cacheraient les oreilles, et recouverte d'un grand voile en

coton qui pend le long du dos. La couleur de ce voile varie selon la position de celle qui le porte : généralement il est blanc» mais les veuves revêtent le voile noir; et lorsque dans une famille il y a eu du sang répandu, mi parent tué, dont la mort n'a pas encore été vengée, les femmes alors le choisissent rouge.

Les Beitléhémitaines s'encadrent en outre le front et les joues de monnaies d'argent enfilées, au milieu desquelles brille généralement un ducat de Hongrie à l'effigie de la sainte Vierge ; leur tête est leur tirelire, et, comme Bias, elles portent sur elles toute leur fortune.

Devant la porte basse du couvent de Terre- Sainte, je descendis de cheval. L'église de la Nativité bâtie par Tordre de sainte Hélène sur la grotte qui renferme l'étable et la sainte croche, est une belle basilique romaine, dont les cinq nefs sont séparées par quatre avenues de colonnes monolithes en brèche de Palestine. Sur ces colonnes on distingue avec un peu d'attention des vestiges de peintures armoriales du temps des croisades ;

les deux murs de la nef centrale, au-dessus des colonnes, ont encore des restes de mosaïques byzantines, et la charpente en bois de cèdre qui soutient le plomb de la toiture est remarquable par son élégante légèreté. Ce beau vaisseau ne sert plus que de passage aux moines des divers couvents et de lieu de réunion aux paysans, qui viennent y fumer leur pipe à l'abri du soleil ou de la pluie. Une absurde cloison coupe le transsept, et réserve le chœur au culte des Grecs et des Arméniens. C'est sous l'iconostase, brillante d'or et de peintures, de l'abside centrale que s'ouvre le double escalier circulaire par lequel on descend dans la grotte de la Nativité ; les parois du rocher sont entièrement recouvertes de marbre; le pavé est également en marbre incrusté de jaspe et de porphyre. Une étoSe d'argent, entourée d'une inscription *, inr dique aux fidèles le lieu de la naissance du Christ.

A quelques pas devant cet autel, on mon-

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