‹ Trois ans en JudéeChapitre 87 sur 119 · IV. Rois, II · texte numérisé non relu

IV. Rois, II

le désert reprend ses droits ; on ne voit plus, sur la terre grise et desséchée, au mUieu du chaos des rochers âpres et nus, que quelques maigres plantes au feuillage crispé, aax longues épines ; le chardon vivace, le lycium spinonmiy le pcUiurus spinœ Christi, toutes plantes qui, selon différentes opinions S auraient prêté leurs rameaux piquants aux soldats de Pilate pour déchirer le front du Christ. Ne pouvait-on pas s'épargner bien des dissertations et arriver à ime certitude positive en examinant , au point de vue botanique^ la vénérable couronne d'épines que saint Louis, de retour des croisades, déposa dans la Sainte-Chapelle, à Paris?

Cette route de Jéricho à Jérusalem, qui, sur une longueur de cinq à six lieues, offre à ses deux extrémités une différence de niveau de près de mille mètres, semble être un gtgantesque escalier que l'on a hâte de gravir pour

1. Selon Hasselquist, e'est le nehka; seloiL Cliateaubriand , le lycium spinosum ; d'après Mgr Mislin , le paliurus spinas Christi ; quelques auteurs proposent le zakou . (Elxagnus angustifolia.)

ouver un peu de fraîcheur; le premier gradin est à la fontaine des Apôtres, petite souree où la tradition place l'histoire du bon Samaritain^, ces mines à droite sont, vous dira-t-on, les restes de Fauberge où le païen charitable fit soigner à ses frais le voyageur blessé par les brigands. La critique aurait beau jeu contre cette manie de localiser avec précision, même les lieux où se sont passés les faits d*un récit qui n*est peut-être qu'une parabole; mais ne faut*il pas orner autant que possible ce chemin ennuyeux et désert?

Du reste, l'endroit a mauvaise réputation; c'est, ou ce fut évidemment une embuscade de voleurs: la pente qui s'élève longue et roide devant nous, la montée dAdommim^ ou du Sang^ doit son nom à la fréquence des attentats qui Font rendue célèbre '.

Nous la franchissons pourtant sans mauvaise rencontre, et arrivons au village de Bé-

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