‹ Trois ans en JudéeChapitre 88 sur 119 · Luc, chap. X · texte numérisé non relu

Luc, chap. X

2. Adommim, quod interpretatur sanguinum, quia multus in eo sanguis crehris latronum fundehatur incursilms (HieroD. , Ip. PauUfi mairie).

thanie. Sous les rois croisés, ce village, aujourd'hui misérable, avait dû aux souvenirs pieux qu'il réveille d'être traité fort libéralement, comme des ruines nombreuses en font foi ; la maison de Lazare, où le Sauveur reçut souvent l'hospitalité, fit place à une belle église fondée par la reine Mélisende ; une chapelle marqua l'emplacement de la maison de Simon le Lépreux, et perpétua le souvenir de celte fempie dévouée qui parfuma les pieds du Christ'; enfin la roche dont les flancs creusés servirent de sépulcre à Lazare fut aussi surmontée d'un édifice religieux, aujourd'hui converti en. mosquée. On visite encore le sépulcre , et chaque année les chrétiens y célèbrent la messe : c'est un de ces tombeaux juifs si nombreux aux environs de Jérusalem ; seulement il a été revêtu intérieurement d'une muraille et d'une voûte en ogive : l'entrée, toute moderne, s'ouvre sur un escalier de vingt-quatre marches, et le souvenir de la résurrection de Lazare est encore si vivant, que

l. Matth., XXVI, 6 et sui?.— Marc, XIV, 3.

même les musulmans des environs apportent souvent dans la grotte leurs enfants malades, persuadés que la pierre a conservé quelque trace de la vertu divine du grand prophète Jésus, l'Esprit de Dieu.

Je descendis dans le vénérable sanctuaire, où je lus le récit touchant de Févangéliste S bien digne de clore mon pèlerinage ; car dans une demi-heure je serai à Jérusalem, sans trouver occasion de mettre pied à terre. Ici, vers la gauche, se trouvait le village des Figues, Bethphagé ; un peu plus loin, le figuier qu'une parole du Seigneur dessécha. J'indique ces souvenirs, sans pouvoir me charger d'en montrer les traces matérielles, afin de ne pas mériter un reproche de négligence. Du reste, cette course se termine ici fort à propos ; le soleil commence à rappeler le climat de la mer Morte.

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