II Cor., XII
Le Père ÎSAAG JOGUES.
C^est à un sauvage étranger, témoin accidentel du supplice, que le P. Jogues dut ce soulagement. Cet homme s'approcha et, sans une parole, trancha d'un coup de couteau les cordes qui tenaient le missionnaire suspendu. Un an après, à trois cents kilomètres de Tionnontonguen,dans une bourgade étrangère où le P. Jogaes avait par hasard accompagné ses maîtres, il entre dans une cabane et se trouve en face d'un moribond. « Ne me reconnais-tu pas, Ondesonk (^)»? lui demande péniblement celui-ci. Et, avant que son visiteur ait répondu : « Ne te souviens-tu pas de celui qui l'an passé, a coupé tes liens ? C'est moi. »
A ces mots, le Père se jette au cou de son sauveur. Il le console, cherche à le soulager ; mais il n'y a plus rien à faire : la mort est à la porte de la cabane. Alors, d'une voix douce, le prêtre parle au mourant de l'autre vie, de Dieu, de son beau ciel... La grâce s'ouvre une voie dant cette âme, elle illumine cette pauvre intelligence ; le sauvage baptisé peut rendre en paix son dernier soupir : celui qui ne laisse pas un verre d'eau sans salaire