‹ Trois cas de Paralysie Spinale infantile à début normalChapitre 7 sur 13 · PARLES · texte numérisé non relu

PARLES

Le 18 avril, l'enfant revient en consultation, il n’est plus. possible de retrouver le côté atteint, et le Professeur LAMARQUE consulté sur l’opportunité d’un nouveau traitement, estime qu'il n'y a pas lieu de le faire.

EN RÉSUMÉ : dans cette observation nous relevons trois phases

Première phase : l'attention est attirée du côté de la hanche droite (douleur spontanée, douleur à la pression et boiterie). I] est vrai que trois semaines environ avant l'apparition de ces troubles, l'enfant aurait présenté des phénomènes fébriles étiquetés « grippe ».

Deuxième phase : elle débute très rapidement au moment de l’hospitalisation (26 janvier 1930) ; elle est caractérisée par la déviation du pied, l’atrophie du membre inférieur, sans modification des réactions électriques.

Troisième phase : consécutive à la thérapeutique (électrothérapie pour le membre inférieur, radiothérapie sur la colonne vertébrale). La restitution fonctionnelle est remarquable.

Observation III

La jeune B... Gisèle, âgée de 12 ans, entre le 20 mai 1939 dans le service pour douleur dans le genou droit.

Quatre jours auparavant, en rentrant de l’école, l'enfant a déclaré souffrir, à la marche, du genou.

La douleur paraît peu importante au début, mais le lendemain les plaintes de la malade sont plus vives ; les douleurs irradient dans la cuisse. é

Dans les nuits du 17 au 18 et du 18 au 19 mai, cette douleur aurait entrainé de l’insomnie et se serait propagée vers le haut jusqu'à la hanche et vers le bas à la moitié supérieure de la jambe.

Examen. — I/enfant marche difficilement, immobilisant en

quelque sorte l'articulation de la hanche et du genou droits. . Sur la table d'examen, on arrive à obtenir une mobilisation

complète du genou. La mobilisation de l'articulation de la hanche est également possible, mais les mouvements actifs

-et passifs sont limités, en particulier l’abduction et la flexion.

La palpation montre que la tête fémorale est à sa place, mais on réveille des points douloureux à la pression de la tête, du grand trochanter, de l'extrémité inférieure du fémur et de l'extrémité supérieure du péroné.

Intégrité apparente du grand sciatique, pas de douleur dans

l'articulation sacro-iliaque.

Abdomen normal: toucher rectal négatif.

Micropoly-adénopathie inguinale bilatérale.

Du côté rachidien, ni déformation, ni douleur, ni contracture : légère cyphose dorsale souple.

Les réflexes tendineux des membres inférieurs sont vifs.

Cette malade a déjà fait un premier séjour dans Je service, du 27 septembre au 10 octobre 1937, pour une plaie infectée du genou gauche n'intéressant pas l'articulation, et ayant entraîné la production d’un abcès, cicatrisé après incision dans des conditions normales.

Nous n'avons pas d’autres renseignements sur les antécédents personnels de cette enfant qui est orpheline, elle a une sœur qui serait en bonne santé ; nous ne pouvons savoir de quelle maladie sont morts ses parents.

L'interrogatoire et l'examen des différents appareils ne permettent pas de noter d’autres lésions. Signalons simplement que réglée depuis quatre mois, la malade l’a été régulièrement sauf pendant le mois de mars, où l'écoulement aurait duré tout le mois. Aucune infection génitale.

* «Ce tableau clinique est complété par un examen radiographique des hanches et des genoux ; cet examen ne montre pas d'image pathologique. ‘

Devant les résultats de l’interrogatoire et des différents examens un doute persiste quant à la nature exacte de la lésion, mais la localisation des phénomènes douloureux sur l'articulation

de la hanche impose une mise en observation avec traitement d'attente et on installe simplement une extension continue.

A signaler que l’enfant a présenté un léger mouvement fébrile atteignant 380 les deux premiers jours, mais n’excédant pas 37% les jours suivants.

Le 24 mai 1939, deux jours après la mise en extension continue, appliquée le 22, les douleurs spontanées ont disparu. Les douleurs provoquées dans la flexion de la hanche n'apparaissent que lorsque la flexion atteint 90 degrés, c'est le seul mouvement limité, les autres ne le sont plus.

Le 3 juin, le laboratoire donne les réponses aux différents SÉTOLE

Séro de Wright et gono-réaction sont négatifs.

Hecht-Baner SIN ERNST Wassermann : avec antigène lipoïdique ......….. ——

avec antigène cholestériné —— Kahn "réaction dé DréSOMpEOR ee Re — Kline : réaction de présomption .................. — Atitisènesdembesredkas eee ee Antigène de Debains fre Tan re Réaction de Vernes à la résorcine .............….. 13

Le 6 juin, malgré l'examen clinique négatif de l’abdomen, on fait pratiquer une radiographie du tube digestif qui ne révèle aucune lésion.

Le 22 juin, essai de marche, l'enfant ne souffre pas.

Le 5 juillet, au cours d’un nouvel examen, on note que la marche se fait sans douleur, mais qu’elle est défectueuse. Elle s'effectue à petits pas, l'enfant s’efforçant d'éviter de porter le poids du corps sur le membre inférieur droit.

Vue de dos immobile, l'enfant présente une inclinaison globale de la colonne vertébrale vers la droite, une inclinaison du même côté du pli inter-fessier qui se trouve donc oblique en bas et à gauche, et enfin, une grosse atrophie de la musculature de la fesse et du tiers supérieur de la cuisse droite.

Toutes les autres explorations sont négatives.

L'hypothèse envisagée est soit un trouble de la musculature du fessier en rapport avec une sciatique névrite ce qui paraît peu probable, soit avec une paralysie des muscles fessiers de tout autre origine que l’origine sciatique.

Un examen électrique permet de constater en date du 8 juillet, une hypo-excitabilité marquée des muscles et nerfs du membre inférieur droit.

On envisage alors l'hypothèse d’une paralysie spinale infantile, et l'enfant est confiée au Professeur LAMARQUE pour radiothérapie sur la colonne dorso-lombaire et traitement électrothérapeutique sur les muscles et nerfs du membre inférieur droit. |

Le 28 juillet, le traitement est terminé ; il persiste une atrophie de un centimètre à la cuisse gauche et de un centimètre également au mollet. Les mouvements de la hanche sont normaux et à la marche, on ne note plus aucune douleur.

L'enfant est sortie le 30 juillet 1939, depuis nous n'avons plus eu de nouvelles.

EN RÉSUMÉ. — Dans cette observation nous distinguons trois phases :

Une première phase qui commence le 16 mai 1939, caractérisée par des douleurs localisées au genou, puis à la cuisse et à la hanche et s’accompagnant de boiterie. Cette phase s'étend semble-t-il jusqu'au 5 juillet.

Deuxième .phase : le 5 juillet 1939, le tableau clinique est remplacé par celui d’une atrophie intéressant- surtout les muscles fessiers avec hypo-excitabilité marquée des muscles et nerfs du membre inférieur droit.

La troisième phase commence le 28 juillet à la fin du traitement, elle est caractérisée par la reprise d’une marche normale avec persistance d’une atrophie musculaire nette à la cuisse droite et au mollet.

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