‹ Trois drames en versChapitre 120 sur 176 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

LE SOLISTE

Et toi, Saint Basileus, c'est l'instant où les rites T'appellent. Viens, selon les formules prescrites, Nous bénir par trois fois du geste de tes mains.

Seigneur, toi le Bon, toi le Juste,

Toi le César, et toi l'Auguste,

Toi rimperator des Romains!

Trois coups sont frappés sur un bouclier de métal; la gramk porte de gauclje s'ouvre,

L'Empereur vient. Adieu, j'évite sa présence.

B R I N G A s , Ijésitant, à part.

Que faire?

THÉOPHANO, qui k deviue.

Je suis là !

Elle disparait derrière la tenture qui ferme la première porte à gauclje. Romanos descend les marches, appuyé sur V épaule de Clxerina. Il est pale et clmncelant.

SCÈC^QE II ROMANOS, BRINGAS, CHOERINA.

ROMANOS

Peuple fou de Byzance, Pour fêter son vainqueur, il me force aujourd'hui.

Si faible, à me montrer dans le Cirque avec lui ! Je suis très pâle, Jean ?

// se regarde dans un miroir à main.

C H OE R I N A

Oui, cher Seigneur.

ROMANOS, à Bringas qui le regarde.

Patrice, Que regardes-tu là? C'est cette cicatrice A mon front... L'autre jour...

A Cixerina qui tient dans sa main deux œufs de porcelaine.

Encore un peu de blanc.

Chœrina prend un peu de blanc dans Vun des œufs et Yèlend sur le front du Basileus.

A la chasse je suis tombé.

// se regarde dans son miroir.

Pâle et tremblant.

Ah! certes, je le suis!... Et cependant, qu'il faille Venir, lorsque je souffre et lorsque je défaille, Pour sourire à ce peuple et lui tendre les mains. C'est trop ! . . . Peuple et vainqueur sont de grands inhumains î

Se regardant.

Du rouge, Jean, du rouge!

CJkrrina lui étend du rouge sur les joues.

11 ne faut pas qu'on voie Que je souffre. Mets-moi, de grâce, un peu de joie Sur ce visage où sont la tristesse et l'ennui Et refais-lui, veux-tu? les roses qui l'ont fui!

Clxrriiia continue de le maquiller.

Je le hais, savez-vous? ce vainqueur Nicéphore!

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